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mercredi, mai 31 2017

1er juin 2017 - Hériter n'est guère spontané

"Hériter n'est guère spontané". Ceux qui ont déjà croisé un notaire en sont surement déjà persuadés... Mais, que diable, vous demanderez-vous, vient faire cette triviale et bien triste remarque sur un site de jeux, plutôt guilleret d'ordinaire !

En fait, depuis quelques temps, la notion d'héritage est devenu une notion "importante" dans le monde du jeu... Attention, on ne nous signale pas encore de dynasties ludiques, d'éditeurs ou d'auteurs (quoique les Brand), et nous ne voulons pas non plus parler des quelques jeux ayant choisi ce thème (Last Will,...). Non, nous voulons parler du fameux "Legacy" qui orne depuis quelques temps certaines boîtes.
Notez qu'on préfère laisser le terme, en anglais, histoire de garder son pimpant à la jolie boite, qui serait peut-être bien moins gaie et vendeuse avec un large "Héritage" barrant sa couverture, l'association d'idée n'étant pas forcément des plus enthousiasmantes... Le franglais serait-il donc le meilleur ami du comptable ? Au vu de nombreux titres de jeux actuels, un "oui" parait plausible.


Seafall Seafall - ♫ "J'ai reçu la bouée en héritage..." Chanson du mauvais perdant

L'idée du "Legacy" est basée, comme souvent, sur une idée finalement largement exploitée, notamment dans le jeu de rôle, celle de la campagne, soit une succession de sessions de jeu liées entre elles. Présenté comme cela, c'est bien moins révolutionnaire, mais vous le saviez déjà, votre rédacteur est un briseur de rêves. Avouez cependant que "campagne" aurait surement été plus pertinent qu' "héritage" !
Dans le jeu de rôle, le personnage va évoluer, mais rarement les règles. Dans le jeu "legacy", le jeu va finalement lui aussi évoluer; évolution, et c'est le stade ultime du concept, qui va se matérialiser par la modification (destruction diront les plus négatifs) du jeu lui-même. On se trouve donc bien au delà de modifications réversibles de règles qu'on aurait aussi pu avoir avec un "Rencontre cosmique". Une fois la partie entamée, il n'est pas possible de faire machine arrière et il ne sera même pas possible de recommencer.

Istanbul Istanbul - visiblement on n'est plus dans l'héritage de Mustafa Kemal Atatürk... Une allusion politique ?

Les enthousiastes vanteront l'expérience, bien entendu unique, avec des découvertes constantes et des stratégies forcément changeantes. Les plus sombres y verront eux le symbole ultime de la société de consommation consistant à façonner aux quatre coins du mondes des éléments ludiques (cartes, autocollants, plateaux) pas forcément recyclables qui après quelques heures de jeux, fussent-elles plaisantes, ne pourront même pas servir d'engrais à vos tomates.
C'est là, le premier paradoxe, celui d'un jeu qui s'orne du terme "héritage" et que vous ne pourrez même pas transmettre à vos enfants !

Les paradoxes vont maintenant s'accumuler! Car si cette dernière notion est plutôt négative, la même pratique force, à contrario, les "hardcore gamers" à jouer plusieurs fois au même jeu, pratique vertueuse, qui pour certains était devenue rare.
Un autre paradoxe ? Pour un jeu de "société", il est compliqué aussi de partager cette expérience ludique, au delà de la petite société, qui se trouve autour de la table.

Enfin, il y a un dernier paradoxe qui vaut à ce billet son titre... Les joueurs qui aiment cette " spontanéité " engendrée par la mécanique même du jeu, vont devoir... planifier avec attention leurs réunions (Et malheur à l'absent qui va bloquer l'ensemble des joueurs).
Le paradoxe est d'autant plus fort que les plus gros joueurs, qui s'étaient fait fort d'avoir à disposition plusieurs centaines de jeux et de pouvoir s'adapter à toutes les circonstances et à tous les profils de joueurs, se voient donc contraints à une toute nouvelle discipline.

20170601_outlive.jpg Outlive - a hérité de tous nos spécialistes des gros jeux...

Tout ceci (qualités et défauts) rend bien évidemment, ces objets ludiques infiniment intrigants et c'est surement ce qui fait une partie de leur succès.

Les jeux

  • Guildhall (Hope S. Hwang chez AEG)
  • Istanbul (Rüdiger Dorn chez Matagot)
  • Keyflower (R. Breese & S. Bleasdale chez R&D games)
  • Nefertiti (J. Bariot, T. Cauet, G. Montiage chez Matagot)
  • Outlive ( Grégory Oliver chez La Boîte de jeu)
  • Seafall (Rob Daviau, JR Honeycutt chez Ironwall games)
  • Star Realms (R. Dougherty , D. Kastle chez White Wizard Games)



Guildhall Guildhall - D'après Vincent un jeu qui a hérité de nombreuses qualités

Les joueurs

  • Alain, Jori, Magali, et Noémie en turcs
  • David, Nelly et Thomas en piètres explorateurs
  • Éric, Jean-Michel, Suzel et Vincent (Possom) en bateaux
  • Julien, Manu, Michaël, Olivier, et Sandra en fleurs
  • Bertrand II, Frédéric, Raphaël et Zaggus post apocalyptiques
  • J-B, Lucie-Anne et Vincent (Bibou) en Égypte


Nefertiti Néfertiti - Ah! L'héritage de l'Égypte

jeudi, mai 4 2017

4 mai 2017 - Du temps qu'il fait...

La semaine dernière, le brillant Bertrand nous livrait un billet sur le temps... Malheureusement, en lisant ce compte-rendu, par ailleurs fort intelligent , on ne pouvait qu'être troublé par la désinvolture de cette assertion sur le temps : "Non pas celui météorologique, notez que cela aurait été plus facile, amenant la discussion sur un terrain léger et superficiel."

"Minute, papillon !" eus-je envie de m'écrier. Notez que je ne me permettrais pas d'appeler Bertrand "papillon", surtout que les papillons barbus ne sont pas légions, sauf peut-être chez les hétérocères, dont on apprendra, en passant et avec stupeur, que certains "chantent"... Si, si (ils "chantent"), mais revenons à notre interjection qui ne nous sert qu'à satisfaire une triste nostalgie...
"Minute, papillon !" donc, la météorologie ne serait donc que légère et superficielle ? Que nenni !

Briskars Briskars - Pas important la météo ? Ce lapin de Pâques pris dans les neiges n'a pas l'air de prendre cela bien !

Certes, notre maître à tous, le saint patron des chroniqueurs, Alexandre Vialatte avait sur la prévision météo un avis tranché. Il pensait qu'il fallait dire qu'il ferait demain le même temps qu'aujourd'hui et qu'au pire en moins de 24 heures, on pourrait affiner la prévision. L'analyse était imparable, mais soulignait aussi l'importance pour l'homme de cette connaissance.

Non, La météo est un sujet infiniment sérieux. Bien sûr, pour justifier cela, les plus rêveurs d'entre vous ne manqueront pas de citer les astronautes, coincés sur leur pas de tir (et dans leurs couches), alors que les plus terriens ne manqueront pas d'évoquer la culture du topinambour (bien que cela soit une plante plutôt rustique).

La météo est surtout un élément essentiel de la vie sociale de l'être humain. Sans elle, vous ne pourriez que finir par vous apercevoir de l'infinie vacuité des relations qui vous lient à Roger, alors qu'avec celle-ci vous pouvez discuter avec lui tous les matins d'un sujet constamment changeant, en échangeant vos meilleures prévisions. L'almanach Vermot, lecture de référence de l'homme social, l'avait bien compris en truffant ces pages de proverbes météorologiques abscons ("Un jour est mouillé, l'autre sec, quand le coucou ouvre son bec.").

Seafall Seafall - Tu ne connais pas la météo... Tu finis dans l'eau....

Ce n'était pas un blog ludique à une époque ? s'étonneront tous ceux qui travaillent au sec et qui se désintéressent de la météo (Des amateurs de foot surement ! Le foot a tué la météo; le foot, c'est la météo de l'urbain) et qui s'impatientent déjà... Si, tout à fait, on y vient car dans de nombreux jeux la météo est cruciale... Ceux qui ont joué au "Triangle du Diable" de MB (1977) en sont persuadés! Dans Condottierre, printemps et hiver ne sont pas sans importance, on joue par saison dans Keyflower, le vin dans Vinhos est bien meilleur les bonnes années, les crues sont essentielles dans Ra, vos avions décollent moins bien dans Race to the Rhine par temps de pluie etc.

La météo n'est donc absolument pas légère, elle est même essentielle pour le joueur, et c'est donc par un temps frais que nous nous sommes retrouvés, hier soir, encore nombreux et motivés.

PS : les geeks nous rappelleront qu'on aurait du faire aujourd'hui un truc sur "May the Fourth be with you " mais le temps ne s'y prêtait pas ! Lorenzo Magali, elle, se moque de la météo, elle veut juste jouer à Lorenzo

Les jeux

  • Briskars (Emmanuel Pontié et William Mordefroy)
  • Clank! (Paul Dennen chez Renegade Game Studios)
  • Keyflower (R. Breese & S. Bleasdale chez R&D games)
  • Lorenzo le Magnifique ( S. Luciani , V. Gigli et F. Brasini chez Atalia)
  • Modern Art (R. Knizia)
  • Scythe (Jamey Stegmaier chez Ghenos games)
  • Seafall (Rob Daviau, JR Honeycutt chez Ironwall games)
  • Space Hulk: Death Angel – The Card Game (Corey Konieczka chez Edge)

les joueurs

  • Manu et Chrys en pirates animaliers
  • Éric, Jean-Philippe, Suzel et Vincent (Possom) en pirates
  • Bertrand II, Stéphane 2, Raphaël et XXXX fauchés.
  • Alain, Bertrand, David, et Magali en plein Renaissance
  • J-B, Lucie-Anne, Noémie et Zaggus en exosquelette
  • Michaël, Nelly, Olivier et Thomas cherchant la clé des champs
  • Frédéric, Vincent (Bibou) et Yoann dans le dédale.

Keyflower Keyflower - Les quatre saisons du jeu...

vendredi, octobre 14 2016

13 octobre 2016 - À n'importe quel prix....

Et oui chez les ludochons, on aime le jeu à n'importe quel prix...
Ainsi certains d'entre nous sont actuellement perdus au coeur de la Rhur à se livrer à une orgie d'achats de jeux à des prix défiants toute concurrence (si on exclue les coûts de transport, les coûts d'hébergements, les faux frais (la bière! Avec ou sans faux-col), les jours de congés sans solde et la gestion des tensions familiales!)... Là encore, parmi ceux-ci, certains nous diront qu'ils ont trouvé des tarifs très favorables pour le transport, un logement discount, que la bière ils en boivent même ici et que c'est donc moins chers là-bas, qu'ils ont été forcés de prendre des jours par leur patron et que leur moitié est très heureux/se de s'organiser une soirée entre copines / copains... Devons nous croire ce genre discours qui ne relève pas du coup de chance mais carrément de la conjonction astrale du millénaire ? Non.
Bloodrage Blood rage - "It's Alright, Ma (I'm Only Bleeding)" ...

Chez les ludochons, les vrais, les berjalliens, on joue à n'importe quel prix ,même quand une foule de drogués ludiques est donc partie pour Essen. Mieux encore, Manu pas rancunier pour un sou (quel homme !) nous a même concocté un petit quizz sur James Bond pour ouvrir les hostilités ! Des membres comme cela, ça n'a pas de prix !
Ensuite pour pouvoir jouer à Keyflower, un membre anonyme n'a pas hésité à envoyer un petit nouveau (Thomas) jouer à un petit party game (Mombasa) avec Raphaël... La tête du membre anonyme serait maintenant elle-aussi à prix, si on en croit la rumeur...
D'autres ont préféré, se livrer à des jeux d'évaluations monétaires, avec Blood rage... Petit jeu où il n'est pas rare d'entendre des mises à prix des différents organes de vos adversaires...

Bref le ludochon aime les prix.... Et c'était la bonne journée pour cela puisque, conjonction astrale du millénaire, cela tombait le jour de la remise du prix Nobel de littérature à Bob Dylan.... Votre serviteur qui chante régulièrement "Shelter from the storm" (mais plutôt dans la version Bill Murray) était à la fois assez heureux et tout aussi désespéré... Notamment parce que, si on se concentre juste sur les américains, Philip Roth a peu de chance de recevoir un MTV Music Awards et que Richard Yates est malheureusement mort sans un seul prix !

Bref c'est le propre des prix de ne satisfaire personne, souvent parce qu'ils doivent répondre à une définition qui finit par ne faire l'affaire de, là aussi, personne. Est-ce un cas général ? Difficile à dire... Si on s'intéresse aux prix littéraires, souvent critiqués, répondent-ils à l'attente des lecteurs ? Ou des non-lecteurs ? Ou à un cahier des charges complexe ? Et avant de répondre pensons aux prix ludiques, souvent critiqués, et transposons cette même interrogation... Répondent-ils à l'attente des joueurs ? Ou des non joueurs ? Ou à un cahier des charges complexe ? Des parallèles qui ouvrent bien des interrogations pour nous joueurs ou lecteurs...


Mombasa Mombasa, peut-être Here comes the story of the Ra-pha-el


Je vous laisse sur cette réflexion, et sur nos statistiques du jour, pendant que votre serviteur va rentrer chez lui en sifflotant Dont' think twice it's alright (parce que..)..

Les jeux

  • Blood Rage (Eric Lang chez Edge)
  • Imagine (Hiromi Oikawa chez Moonster Games et Cocktail Games)
  • Keyflower (R. Breese & S. Bleasdale chez R&D games)
  • Mombasa (Alexander Pfister chez Gigamic)

Les joueurs

  • Frédéric, Nelly et Olivier
  • Bertrand, Raphaël, et Thomas
  • Jean-Michel, Jori, et Manu

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