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vendredi, août 2 2019

1er août 2019 - Lot de roses

Meeplarlequin
par Barbare à Cartes Land

 

P. descendit de sa puissante motrice, sous le regard gourmand de japonaises en goguettes. Certes, il était loin le temps où Gabin, couvert de suie, faisait se pâmer le public en sautant avec une mâle agilité de sa Pacific 231 écumante, mais les 200 mètres de rame fuselée faisait encore leur petit effet, songeait-il, alors qu'il dut se résoudre à faire un selfie avec une pseudo-geisha enamourée, placé devant le souffle brûlant de sa locomotive qui dessinait son torse puissant.
Mais ce que cette japonaise élégante ignorait c'était le drame terrible qui se jouait derrière le regard attentif de notre cheminot, en effet, c'est une autre passion, bien moins charnelle qui privait celui-ci se son juste sommeil.

En effet, P. était joueur et à peine sorti de la gare il se précipiterait chez les ludochons, un club de jeux select du Nord-Isère, où il retrouverait ses maîtresses sous la forme de cartes à jouer présentant de longs vaisseaux oblongs (Space base)... Son partenaire du jour, un certain V. aurait beau tenter d'éveiller son attention, en prononçant avec toute l'onctuosité possible d'un accent outre-quiévrain, le "w" de wagon, rien ne saurait distraire son attention des passes troublantes de ses "meilleures" amies....

À la même table, un dénommé S., pourtant grand organisateur de week-end mondains et ludiques, finirait même par être troublé par ce ménage à trois, qui présentait pour lui, tous les signes du drame à venir; celui d'une défaite de l'un d'entre-eux, affichant tous les signes de la passion contrariée!

Space base Space base - Bon, d'accord, la sensualité du jeu ne saute pas aux yeux immédiatement...

Cette passion finalement était bien sage si on considère que dans ce que certains pourraient appeler un casino, se déroulait à quelques pas des événements d'un tout autre acabit....

Une certaine S. s'étant déjà faite une réputation sulfureuse à force de fréquenter ,ce que certains désignaient avec une gène certaine, des "cochons", céda d'un coup complètement à cette passion, et trouva un terrain favorable (The Grimm Forest) qui lui permit de tripoter (il n'y a malheureusement pas d'autres termes) pendant une large partie de la soirée des cochons, de toute nature, faisant "ami / ami" avec les sept nains, le tout pour finir par jouer au grand méchant loup...
On nous dit que tous ces événements ne visait qu'à rendre jaloux un certain R., joueur brillant mais qui aurait décidé de quitter nos tables pour d'autres aventures dans des contrées lointaines... Si tel était le cas on peut se demander si de telles pratiques se justifient malgré tout, surtout quand à la même table, certains tentaient, sans grand succès, de jouer les Blanche-Neige, histoire de se préserver de toute corruption morale!

Cette corruption morale finirait d'ailleurs par tous les rattraper quand ils tomberaient tous, sous un prétexte vaguement artistique, dans une lutte à la vénalité assumée pour s'assurer la meilleure part d'Art moderne... On verrait alors que la passion cède le pas assez vite à la plus profonde cupidité, et c'est un certain V. qui s'était tenu prudemment à l'écart de ces petits jeux malsains qui finirait par tirer avantage de cette folle soirée...

The Grimm forest The Grimm forest - pour enfants, sauf si vous jouez avec des adultes ! :-)


"Old sins cast long shadows" disent nos voisins anglais et nous pûmes aussi le constater, car si R., O. et S. se virent finalement emportés par un tourbillon d'émotions qui les conduisit à leur perte, leur malheur allaient créer d'autres drames un peu plus loin... En effet, l'ultime sortie du dénommé R. avant son départ pour de nouvelles explorations, avait suscité bien des convoitises, chacun voulant se l'arracher... Quelques uns crurent, et cela paraissait un pari des plus raisonnables, que le mieux serait de l'attirer sur des terres étranges et lointaines qu'il aimait d'ordinaire parcourir.... Nous l'avons vu R. résista à cet appel, et tels des amoureux transis, ils  durent se battre, eux seuls, sur le sol hostile de la planète rouge (Terraforming Mars)... Cette partie se doublait d'enjeux personnels, en effet M. et G. retrouvèrent, et il y a une certain cruauté en cela, des éléments de leur vie quotidienne, à savoir apprendre à vivre dans un nouvel environnement, loin de leurs proches, (commme eux en cette soirée séparés de leur progéniture), et isolés des autres joueurs....

Le pire ? une passion n'atteint rarement son point culminant que lorsque le commentateur peut faire appel à Eros et Thanatos... Comment donc qualifier ce qu'il se passa à quelques mètres de nous, quand certains vinrent en couple pour jouer les scientifiques fous, les marchands d'armes corrompus, et les généraux atrabilaires (The Manhattan Project).... Peut-on sortir indemnes d'une telle soirée, ou le mélange des genres peut vous faire passer pour un docteur folamour des temps modernes?

Bon, au final on a terminé avec Buzzer F*cker !


The Manhattan Project The Manhattan Project - Bombe : jolie femme ou engin de mort... Curieux non ?

Les jeux

  • Buzzer F*cker (Y. Hirschfeld et F. Bleuze chez Le droit de perdre)
  • The Grimm Forest (Tim Eisner chez Druid city games)
  • The Manhattan Project (Brandon Tibbetts chez Minion Games)
  • Modern Art (R. Knizia)
  • Space Base (John D. Clair chez AEG)
  • Terraforming Mars (Jacob Fryxelius chez Fryxgames)

Les joueurs

  • Philippe, Stéphane (l'aff) et Vincent (Bibou).
  • Olivier, Raphaël, Suzel, et Vincent (Tcho).
  • Alexis, Carole, Cyril et Renars.
  • Davy, Éric, Guillaume, et Maude.


Modern art Modern art - l'amour de l'art des enchères....

vendredi, juin 7 2019

6 juin 2019 - Bien expliquer une règle

En cette belle soirée, je me retrouvais assis à la gauche de notre président. Pour des raisons évidentes d'amour propre mal-placé, j'aurais préféré, bien sûr, être son bras droit mais il avait réservé ce poste à son fils pour d'autres raisons qui font dire aux meilleures dirigeants de la planète:
"Népotisme ? Pas du tout il est à ce poste en raison de ses très grandes qualités." Des phrases que l'on a longtemps voulu nous présenter comme liées à un continent particulier alors que de grandes démocraties nous ont montré qu'il pouvait en être tout autrement... Quoique, dans le cas de Rémi, cela soit sûrement vrai, vu qu'il nous a déjà collé quelques belles dérouillées!

Pandemic : chute de Rome Pandemic : chute de Rome - C'est là! Entre la gencive et la dent que s'installe le barbare!

Passons. Notre président, donc, me disait, 'Tu vois je serais prêt à payer si tu nous fais un billet sur ce que c'est que bien expliquer une règle'.... Ne pouvant résister à un ordre direct d'un dirigeant aussi éclairé, et étant un être profondément vénal, le sujet du jour était tout trouvé.
Qu'est ce que "bien expliquer une règle"? En fait, le sujte est assez simple, prenez un ludochon et demandez lui de vous expliquer un jeu un peu touffu des années 80... Vous voyez ? Et bien, "bien expliquer une règle", ce n'est pas cela...
CQFD, sujet résolu (Manu, je t'envoie mon RIB). En effet chez les ludochons, nous avons eu au cours des âges des exemples tout-à-fait parlant d'explications de règles, il était temps de classer cela.

  • l'explication B2B (Non pas Business To Business mais plutôt Back to the Box). Un explication tellement lumineuse qu'elle pousse à remettre le couvercle sur la boite et à l'envoyer dans un recoin très très sombre
  • l'explication SNOB, dans ce type d'explication, on ne consent pas à vous expliquer la règle tellement elle est évidente... Le résultat dégage rarement une grande noblesse!
  • l'explication STÉRÉO, vous avez à la table la chance d'avoir deux personnes prêtes à vous expliquer les règles car ayant, tous les deux déjà joué à ce jeu... Enfin c'est ce qu'elles pensaient avant d'avoir commencé réellement l'explication
  • l'explication GA (Grand âge), synonyme du "je n'y ai pas joué depuis longtemps"... Explication qui se transforme assez souvent en explication GA² (gaga ou guère au carré).
  • l'explication J2LR ("J'ai lu les règles") ce qui est un bon principe général, si ce n'est qu'il est rarement précisé "en changeant la couche de mon fils pendant une gastro alors que je devais renvoyer un mémo à mon chef et que je ne suis pas sûr / sure d'avoir raté une ou deux pages parce qu'il avait vomi dessus (mon fils, pas mon chef)".
  • l'explication "ASOT" ("As seen on TV" ou plutôt "As seen on Youtube"), ce qui donne une certaine confiance au responsable jusqu'au moment où il bloque sur un point crucial qu'il aura le plus grand mal à éclaircir dans la règle coréenne.


London London - 2nde édition à faire tester par les amateurs de la première

Bref, voilà ce qu'il arrive parfois chez les ludochons, et on peut s'étonner de prendre autant de plaisir à jouer ensemble alors que nos explications ne sont pas toujours lumineuses. Qu'est ce donc alors qu'une bonne explication ? Expliquer les règles certes, mais il faut souvent pour cela

  • les rendre concises, sans pour autant faire que cette concision soit elle aussi source d'ambiguïté
  • utiliser le thème quant il peut servir de renfort pour comprendre un mécanisme mais ne pas insister trop lourdement si il génère au contraire de la confusion.
  • expliquer les règles certes mais surtout faire comprendre aux joueurs quelle est la dynamique du jeu.
  • éviter aux néophytes les chausse-trappes, mais leur laisser néanmoins le plaisir de la découverte.
  • rendre vivante cette explication, sans pour autant les perdre dans la narration.

Bref bien expliquer une règle, c'est résoudre un paradoxe, ce qui au final, se résume d'ordinaire à trancher un noeud gordien, et à tailler dans le lard en faisant ce qu'on peut.
En fait souvent, bien expliquer une règle, c'est avoir des joueurs disposés à vous aider et qui savent qu'au fond on est tous là pour passer un bon moment. Finalement c'est peut-être un truc à la portée des ludochons (sauf pour votre insupportable bavard de rédacteur).

Bon, la prochaine fois, on trouvera un sujet plus simple, la physique quantique ou la mécanique des fluides...

Terraforming Mars Terraforming Mars - Étonnant que le plateau ne soit pas plus usé que cela!

Les jeux

  • Bruxelles 1893 (E. Espreman chez Pearl games)
  • Castles of Mad King Ludwig (Ted Alspach chez Bézier Games)
  • Koryŏ (Gary Kim chez Moonster Games)
  • Londres (seconde édition) (Martin Wallace chez Osprey Games )
  • Pandemix : la chute de Rome ( Matt Leacock, Paolo Mori chez Asmodée)
  • Res Arcana (Thomas Lehmann chez Sand Castle Games) x2
  • Terraforming Mars (Jacob Fryxelius chez Fryxgames)

Les joueurs

  • Bertrand II, Guillaume et Raphaël
  • Alexis, Bertrand, Frédéric, et Stéphane (l'aff)
  • Cécile, Magali, et Noémie
  • Manu, Olivier, Rémi et VIncenIV
  • Éric, Nelly, Philippe, et Suzel
  • Antonio et Cyril


Bruxelles Bruxelles - Bon jeu que l'on aime ou pas l'art nouveau!

vendredi, février 15 2019

14 février 2019 - C'est la Saint Plouc !

Hier soir, malgré des années de gesticulations de matamore de votre plumitif, nourries par une surjouée guéguerre Normandie - Bretagne, malgré donc tous ces efforts et des billets sanglants, quelques joueurs décidaient malgré tout de se lancer dans une partie de Bretagne...

- Vous n'allez quand même pas jouer à ce jeu de ploucs ? M'insurgeais-je avec toute la modération qu'on me connaît sur le sujet...
- Ah non, tu peux t'amuser avec les bretons, mais ça, tu ne peux pas dire ! Non ! Me rétorqua-t-on avec conviction.
- Bah, bien sûr que si.... Au contraire !
- Et pourquoi ?
- L'étymologie !
- ???
Bretagne Bretagne - Des phares, oui, mais des lumières ? (Roooooo outragé)

Et oui, peu de gens le savent mais plouc désigne par son étymologie les bretons... En effet, quelques employeurs ou logeurs parisiens recevaient au court du XIXème siècle des tombereaux de bretons et autres bretonnes, chassés par la misère crasse d'une région désolée (j'en fais trop ?) qui venaient tenter leur chance dans la capitale, les hommes comme hommes de tâche et les femmes souvent comme femmes de chambre (Bécassine ça vous rappelle quelque chose ?), et pour les moins chanceuses, malheureusement, dans des maisons à gros numéros et lumières rouges (si, si)... Bref, ces employeurs demandaient d'où venaient ces quidams parfois un peu rustauds et ils découvraient une série ininterrompue de "Plou" (Plougastel, Ploumenec, Plouflechien ...), tant et si bien qu'ils ont fini par forger le terme générique de ploucs...

Quand on le sait, cela permet quelques effets de manche bien sympathiques... En effet, si vous croisez par moment, un plouc particulièrement ennuyeux, il est pertinent à un moment, alors que vous risquez d'exploser de lui demander simplement :
- Il me vient une idée comme cela : tu n'aurais pas des origines bretonnes ?
- Euh, je m'appelle quand même Aitor Imanol Etchebaray.... Je n'aurais pas dit breton...
- Ouais, bizarre, un "je ne sais quoi" qui m'a fait penser à la Bretagne... Un côté océanique peut-être (Le plouc est généralement flatté et vous, vous pouvez vous calmer face à un océan de c******s )
C'est un peu mesquin, mais cela ressemble presque à une manoeuvre digne des "Notes d'un souterrain" et pour le coup c'est (presque) littéraire!

Notons aussi que c'était la Saint-Valentin.... On a fait de Valentin le symbole des amoureux surtout aussi comme souvent pour couvrir ou recouvrir des pratiques païennes antérieures, la plus jolie étant celle qui lierait la date du 14 février avec la période de nidification des oiseaux et donc la formation des couples... L'histoire en serait restée là si, quelques anglo-saxons, imprimeurs de leur état, n'avaient pas ressorti le saint de son placard pour vendre de jolis billets et autres cartes, idée brillante réutilisée par quelques confiseurs et chocolatiers français soucieux de célébrer... euh... l'amour, dans une période bien creuse entre Noël et la Pâques... Saint Valentin, patron des amoureux et de la récupération commerciale des premiers émois ?

Underwater cities Underwater cities - bien prendre sa respiration avant les règles...

Une histoire qui n'a rien à voir avec les ludochons ? À voir, cette jolie histoire de nidification, ne pourrait-elle pas être une parabole de ces jeux qui reviennent d'Essen et qui pour certains, après un temps de maturation, se sont attachés à certains joueurs créant des sortes de binômes ludiques ente le jeu et le joueur, qui se trouvent fortement marqués (Davy / Railroad tycoon, Olivier / Keyflower, Raphaël / TTA, Manu / Cyclades, Magali / Lorenzo, ... ).
Néanmoins en cette période, ces jeunes couples risquent de subir leurs premiers chocs et épreuves avec l'arrivée du salon de Cannes !

20190214_pandemic_montee_des_eaux.jpg Pandemic : Montées des eaux - On a bien du mal à rester à la surface aujourd'hui...

PS : tu vois, Suzel, je n'ai même pas parlé de ton coup légendaire.... Les ludochons seraient définitivement passés pour des.... bretons !

Les jeux

  • 1812 (Beau Beckett, Jeph Stahl, Asyncron)
  • Bretagne (Marco Pozzi chez Placentia Games)
  • Lanternes (Christopher Chung chez Matagot)
  • Palais Royal (X. Georges chez Filosofia)
  • Pandemic : Montées des eaux (M. Leacock & J. Doumen chez Z-man games)
  • Terraforming Mars (Jacob Fryxelius chez Fryxgames) + une extension
  • Underwater cities (V. Suchy chez Delicious games)

Les joueurs

  • Elsa, Jean-Jacques, John et Stéphane (l'aff)
  • Cécile, David, Vincent IV, et Zaggus
  • Cyril (Atom), Jori et Vincent (Bibou)
  • Bertrand II, Davy et Raphaël
  • AlainCM, Éric, Magali et Suzel
  • Et Alain de passage


20190214_1812.jpg 1812 - là aussi il faut marcher sur l'eau (avant de voir l'ennemi)

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