Manifestations ludiques

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samedi, novembre 10 2018

Essen 2018 - le compte-rendu de Jean-Jacques

1ère virée ludique en terre allemande

Essen.... Essen... E-SSEN !

Située dans la partie centrale du bassin de la Rhur, elle est la 9ème plus grande ville d'Allemagne par sa population (près de 600 000 habitants) et renommée pour avoir été l'un des plus importants centres de production sidérurgique d'Allemagne, avec à sa barre la famille KRUPP, de père en fils, du début du 19ème au milieu du siècle dernier (dynastie retracée dans le musée attenant à la Villa Hugel, un château situé à Bredeney, aujourd'hui intégré à Essen).

Essen recèle pour centres d'intérêt outre le Musée Folkwang (et sa collection d'art contemporain, l'une des plus importantes d'Europe) le Parc des Expositions, baptisé Messe, hôte d'environ 50 foires commerciales annuelles dont notre Spiel, que seul l'Essen Motor Show parvient à détrôner ! C'est LA destination su-pra ma-gi-que, le Las Vegas pour tout amoureux de jeu sans mise numéraire ! Le Salon du jeu avec un "S" majuscule, de dimension internationale et sans commune mesure, si on banni, sempiternel Esprit "Europe" oblige, son cousin outre-Atlantique, la Gen Con d'Indianapolis.

Ce bastion de pélerinage semble vouloir intimider tout passionné empruntant son accès côté sud en imposant fièrement sa proue recouverte d'écailles en verre, ses 4 tourelles réparties équitablement à babord et à tribord, et sa monumentale passerelle de navigation impossible à masquer.

Porteur de mes doigts et neurones à peine âgé de 22 mois de pratique de jeux stratégiques, j'allais pénétrer religieusement l'enceinte de ce Temple moderne, ce 24 octobre 2018, Jour J-1. A l'instar des Rois Mages, nous étions Zaggus, Raphael et moi, en avance sur les lendemains incessants en flux de visiteurs informés de cette Nouvelle Ludique ! Je me laisse bien sûr guidé par mes comparses avisés pour y rejoindre Coyote (sans amalgame avec l'Enfant Divin !) en empruntant à pied l'accès réservé aux livraisons, au nez et à la barbe d'un service de sécurité "étrangement" inerte dans ce contexte lancinant de risques d'attentat(s) ! Le gros de la délégation ludochonne est encore à l'aéroport de St Exupéry dans l'attente de leur embarquement...

Nous faisons irruption au beau milieu d'une effervescente fourmilière humaine, où chacun s'active à rendre cette fête la plus attractive et réussie possible. Mes papilles gustatives se mettent en branle en décryptant les étals des stands longés (je saliverai item devant un plaisant plat gastronomique !), alimentés par des trésors de tous formats et coloris extraits de cartons, qui une fois évidés, sont jetés sans ménagement à même le sol des allées. En les chevauchant, je fais brièvement un parallèle avec la récente requête de l'Orque pour son fils... Nous nous frayons un passage dans l'incessant brouhaha nourri conjointement par les manoeuvres des transpalettes. Le "I have a dream" devient réalité ! La dimension de l'événement prend littéralement forme sous nos yeux pré-adolescents : les enseignes prestigieuses, les tables de joueurs et les panneaux publicitaires figent cette espace de récréation, comme étant, de notoriété connue, la croisée des chemins des éditeurs/auteurs de jeu et des fervents aficionados. La joute commerciale est engagée et elle est indubitablement SON leitmotiv, en atteste les impressionnantes colonnes de boîtes de jeux en multiples exemplaires, confectionnées ici et là. Pensons, pauvres pêcheurs que nous sommes, à ne pas dépasser l'autorisation de découvert bancaire, parce qu'ici tout est fignoler pour nous tenter et laisser s'exprimer, sans chiffrer pas à pas son coût, notre passion effrénée !

Aux Halls 2 et 1, déjà en quête des bonnes affaires, je repère chez un grossiste "Forum Trajanum" à 40 (au lieu des 50 annoncés chez Huch) et à Galeria, "Carpe Diem" et "Armada" à 24 au lieu des 30 et 34 des éditeurs. Matérialisant évidemment cette économie non négligeable pour ma tirelire, ces premières acquisitions valideront imméditament en consistance mon séjour...
Entre temps, la nouvelle tombe : le 1er vol est annulé pour une fournée de nos membres. Pas de quoi planer incidemment (chouette, les appartements rien que pour nous !), mais nos esprits fertiles et solidaires se prêtent de suite à un calcul de trajet si l'issue salutaire version "autoroutière" venait à poindre. Au bas mot, une arrivée ici, et sans encombre, serait "jouable" pour 1 heure du matin !
Toujours sur place, le coyote me présente "le filet" à faible portée pédestre de Galeria. Bien que rien ne transpire encore des coups à faire dans ce local de 10 mètres sur 4, nous décidons de faire le pied de grue devant l'entrée dès le lendemain pour 9 h (son heure d'ouverture coïncidant avec celles des portes d'accès du public, à 10 h, il faudra donc prendre son potentiel "pied" en patience).

Quittons le repaire des festivités à venir pour assouvir notre appêtit dans la zone commerciale d'Oberhausen. La première épreuve pour moi : "Unlock" la carte des menus rédigé intégralement en allemand, moi qui suis inculte en langue germanique ! La prochaine fois, je me munierai d'un petit dico pour identifier le boeuf, du mouton et du poulet, et autres termes basiques ! Ah oui ! Surtout, sur-tout, n'écoutez pas les conseils de nos pairs ! Je sais, un flic qui dénature la crédibilité de ses "indics", ça la fout mal ! Pourtant, là, j'ai bien senti le piège vaseux d'une certaine salade... sûrement un plat pour petits moineaux, vu les sourires naissants qui marquaient leurs (viles) paroles ! Et puis m...e ! Tant pis pour l'intégrité professionnelle, je balance sous formes d'énigmes les sournois : l'un hurle à la mort sous la lune et le second vient juste après Zig !
Après avoir partagé un festin de viandes et absorbé sans difficulté l'incontournable pinte de bière, nous intégrons l'un des 3 appartements agencés sur plusieurs niveaux d'un même immeuble, face à une supérette, en attente des 8 autres lurons acheminés par voie aérienne... enfin avec succès. Les retrouvailles se déroulent, au cours desquelles je fais connaissance d'une nouvelle tête, Faouzi, puis chacun prend possession de sa literie après quelques échanges courtois ...

Premier jour, et il sera identique aux suivants tant par la fréquentation du site très importante (vacances scolaires simultanées en Allemagne) que par nos réguliers diners à l'extérieur.

Essen est un "Heroquest" grandeur nature où chaque pièce explorée dévoile ses trésors, ses pièges (financiers) mais aussi de vilains orcs prêts à tout... pour s'installer à une table de jeux par exemple. Avec pour seule arme mon sourire, dévalué par ma carence linguistique, je suis bien en peine pour m'imposer... D'ailleurs, je lâche une anecdote qui pourrait mettre à mal le travail de longue haleine de nos successifs dirigeants politiques qui s'évertuent à asseoir une entente fraternelle entre nos 2 pays (ennemis lors d'échaffourées en 1870-71, en 1914-18 et en 1939-45) : la scène se déroule sous les yeux de notre Coyote isérois, dans cet espace confiné surnommé le Filet, un lieu amical de prime abord, prétendument réservé aux bons coups à faire ! Certains y pratiquent un jeu puéril, celui de jouer de la force que procure le nombre face à l'individu esseulé... Mon intérêt s'étant focalisé sur la boîte "Signorie", je me dirige d'un pas décidé vers la caisse de gauche, où la file indienne restreinte est en mouvement perpétuel. Le couple devant moi, la soixantaine et les bras surchargés, se déleste de leur "butin" sur un coin du comptoir, et part s'enquérir de complémentaires provisions de meeples et autres supports. Au bout de 4 voire 5 minutes, je suis harangué par ce même couple. S'exprimant à moi en allemand, mais par gestes et usant d'un ton sans équivoque, je devine qu'il m'accuse de leur avoir chiper leur place ! Je rétorque en anglais en vain, et là, sûrement un adepte de la tactique culte "la tenaille" du sergent-chef Chaudard ("Mais où est donc passé la 7ème compagnie" Robert Lamoureux – 1973), voilà qu'un ressortissant local juste devant moi, vient soutenir verbalement ses compatriotes ! S'ensuit une première légère bousculade et la saisie de MA boîte Signorie (posée au préalable à hauteur de la brune caissière) par le prototype mâle dudit couple précité. Son bras droit dessine dans la foulée un geste circulaire tendant vers l'extérieur comme si son intention impulsive est de la balancer au milieu de la pièce. "Le fou !" me suis-je dit ! Il a néanmoins la présence d'esprit de la conserver et éviter ainsi mon coup frontal à la manière de Lucas, le repris de justice incarné par Depardieu ("Les fugitifs" de Francis Weber – 1986). Lol. Forcé de me décaler pour retrouver la jouissance de l'objet soustrait, un duel de tiraillements s'engage au cours duquel ils resserrent les rangs. L'esprit rebelle étant ma marque de fabrique, j'use de mes bras à l'instar d'un pied de biche pour faire sauter l'entrée verrouillée de leur bunker. Enième bousculade... mais l'objectif fixé est atteint : Signorie revient triomphalement sur la scène du comptoir pour le dernier acte ! La caissière en acceptant ma carte bleue tendue ne cédera pas au chantage verbal que leur adresse ces 3 éduqués à la louche. Cette "prouesse" me vaut de leur part une très longue tirade englobant "franzosischen" qui, je le devine, ne véhicule aucun élan d'amour à mon encontre. Aucun incident diplomatique ultérieur n'est recensé et, que se rassure notre doué joueur Raphael, l'Alsace et la Lorraine resteront françaises !

J'ai usé du terme Orc, sans une once de mépris à l'égard des autres visiteurs, bien sûr. Parmi eux, certains étaient déguisés, d'autres détenteurs d'un contenant (à roulette ou pas, à bretelles comme le "bruxellois") pour y empiler leurs nombreux achats. Les stands ne manquaient pas non plus d'idées pour épicer, optimiser leur temps de présence dans ce parc des expositions. L'un en faisant pavaner leurs hotesses en soubrette (Nelly tu t'en tires bien en ayant un contrat chez un autre éditeur !). Pas d'effet hormonal sur ma personne comme quoi le costume ne fait pas tout ! Lol. Le plus original fut le stand animé par un disc-jockey pour séduire le public et vider leurs stocks de.... Scrabble !

Autre scène de théâtre, elle se joue à l'extérieur sur Alfredstrass, dans le restaurant le Kara-wane, sis à 400 mètres de notre lieu de dévotion. Nous nous rabatons sur ce lieu faisant la part belle à la cuisine libanaise, au vu du nombre que nous sommes et la fréquentation très importante des tables gastronomiques des alentours en ce samedi. Et puis, pourquoi ne pas varier les plaisirs de nos sens ? Ce n'est pas l'épicurien que je suis qui viendrait s'en plaindre ! Les dimensions de la table qui nous est allouée sont réduites et la lumière, de cette petite salle annexe faisant face à l'entrée, tamisée. La commande de bières faite dans la foulée, ma lecture cognitive des 2 hôtes les divise instinctivement en ces termes : l'aimable et le grincheux, le deuxième étant celui démuni de la fibre du contact de la clientèle. Je pressentais venir "la c.... dans le potage", la parodie d'émission de télévision culinaire animée par Yvonne de Brouckère et Pierre-François ! Quoi qu'il en soit, la maigre disparité de nos commandes, à savoir un unique plat pour les affamés du côté gauche (bien m'en a pris de laisser les copains glisser sur la banquette vers le côté opposé) et celle d'une entrée commune pour agrémenter le plat chaud pour ceux de droite, créera la zizanie dans l'organisation de nos instances culinaires. La grimace de l'un et le sourire de l'autre ponctueront invariablement les différents actes de notre soirée jusqu'à ce que l'aigri lunatique débarrasse notre table de tous ses couverts. Le hic, c'est que nos Ludochons de droite n'avaient pas encore été alimentés de leur plat chaud ! Faisant louablement preuve de retenue quant à notre amère surprise commune, le malaise s'installe parmi nous au même titre qu'un ras-le-bol typiquement français, originaires quand même du Pays de la Gastronomie ! Nourri, si je peux m'exprimer de la sorte, d'un sentiment d'abandon, nous restons impassibles... Si J.R. Tolkien est réputé mondialement pour son anneau magique, Suzel l'est, et heureusement que très très localement, pour son majeur phallique. La rime est là, certes, mais son savoir-vivre aussi ! Se maitrisant gestuellement pour exprimer posément et exclusivement son mécontentement dans un anglais un peu approximatif pour désigner fourchettes et couteaux à l'aimable émissaire, choisi (non aléatoirement) par le tenancier, elle l'éconduit alors porteur d'un premier plat, après près d'une heure d'attente. Suzel au centre de nous tous réunis à une seule même table, avec un, voire deux doigts levés vers le ciel, je vous laisse imaginer la Cène ! Nous honorerons des factures de belle amplitude, à la hauteur respective du contenu absorbé, ce soir-là.

Concernant cet évènement attendu avec beaucoup d'impatience et auquel je m'étais préparé (en traduisant notamment un certain nombre de règles), j'avoue avoir exprimé ma déception à l'instant T auprès de l'auditoire local. Avec du recul, ma réflexion porte à croire que j'ai négligé quelques éléments clés propres à Essen. Je les liste pour ceux qui n'ont pas encore foulé ce chaudron.

Points négatifs

  • L'incommensurable quantité de données distillées ici et là en parcourant, sur une période de 4 jours et demi, inlassablement les 80 000 m², à maintes reprises en long et en large. Cette boulimie passionnelle a suscité une saturation, un ras-le-bol tant il y a de stands et exponentiellement de jeux à observer et jauger.
  • L'afflux de visiteurs et l'absence de lieux de repos (présence effective et quotidienne, debout, de 9 h à 19 h) et la très faible quantité de tables de jeux, créant insidieusement une frustration, la mienne. Certains mettent en place le système archaique de la feuille d'inscription posée à 10 h pour résever l'une de leurs tables de jeux pour la journée en cours.
  • La disparité de la mise en valeur des salles : une luminosté qui comble les salles 1 à 3 (grandes enseignes) et la 6 alors que les salles 4 et 5 sont plus opaques. Effets voulus ?
  • L'absence de cohérence dans les thématiques. La salle 6 est l'exception (figurines et plateaux liés – Warhammer etc + plusieurs kickstarters avant l'heure en démonstration).
  • Difficultés liées à la langue et capharneum ambiant. En se cantonnant à l'anglais, il est souvent massacré rendant cruel tout essai de perception des mécanismes et subtilités des jeux. Cas plus rare, Blackout, parfaitement maitrisé mais parlé avec haut débit, j'ai perdu pied à 3 reprises. J'ai laissé ma place... Cas encore extrême, en français cette fois, Raiatea ! Mag, l'Orque, Suzel et moi n'avons pas été informé des critères qui déterminent le vainqueur de la partie...
  • Hors sujet, certes, mais je le range ici. C'est Smeets, une boisson belge (Peer dans le Limburg) que le Coyote a acquis au Luxembourg. Sous ses effets odorants de sirop contre la toux, se cache un ennemi redoutable pour la réflexion ludique lorsqu'elle est consommée en fin de soirée. Raphael et Serge l'ont appris à leurs dépens lorsqu'ils ont voulu m'expliquer les règles d'un jeu simple...

Points positifs

La complexité réside à trouver le juste milieu pour ne pas chavirer ci-dessus.

  • L'abondance des jeux et la possibilité de juger de leur beauté, de leur sophistication, du rapport qualité-prix, des mécanismes...En un mot, repérer, à défaut d'acquérir sur le champ.
  • Les démos et la primauté du public sur une floppée de jeux.
  • Les prix (Galeria, le Filet et les stands grossistes)
  • Les enseignes et la mise en valeur de leurs stands.
  • Les Ludochons hors contexte berjallien et celui estival de Valmeinier. Toutefois, et là réside ma principale erreur c'est d'avoir naviguer en eaux étrangères, seul, en voulant découvrir, jouer. J'aurais du me rallier aux rendez-vous des 15-17 heures pour annihiler quelques unes des difficultés relatées.

A y regarder de près, le bilan penche, pour moi, davantage du côté sombre. Toutefois, avec lucidité, Essen est un évènement incontournable. Bien que piqué dans le feu de l'action par un manque de parties engrangées, j'y retournerai parce qu'Essen est un jeu coopératif qui mérite une revanche.

Sélection de Jeux : note 1 à 5

Ceux essayés et expliqués

Atlantis, island of gods (2) – Catalyst (3) – Dicetopia (trop simple, 2) - Dice Hospital (3, aurait pu avoir + s'il y avait + d'interactivité entre les joueurs) – Gugong (pas accroché) – Papua (jeu sympa avec lancer de dés et combos de cartes) – Raiatea (?) – Realm of sand (4) – Trappist one (jeu de cartes, répétitif, 2)

Ceux expliqués

1906 San Francisco (2) - Bastille (3) – Blackout (4) - Ceylon (3) - Dojima (4) – Franchise (4) - Glory (2) – Kingdom defenders (3) – Magnastorm (4) - Monster lands (4) – Reich busters (kickstarter au 20 novembre, très bon coopératif like zombicide avec de très bonnes idées, 4 voire 5) - The brigade (2)

Ceux cumulant l'aspect beauté du matériel, mécanismes et réactions des joueurs

Coimbra - Concordia Venus - Teotihuacan – Tudor - Underwater cities - Valparaiso

Acquis du côté des nouveautés Essen

Armada, Carpe diem, Dojima, Forum trajanum, Franchise, Realm of sand, Teotihuacan,

samedi, novembre 3 2018

Essen 2018 - le compte-rendu de Suzel

12 ludochons et affiliés ont participé cette année à la belle aventure allemande. Nous avions le plaisir de compter parmi nous Faouzi qui sortait son jeu chez Djeco et Jean Jacques pour son premier pèlerinage en terre ludique.
Retour sur les quelques jeux joués et moments forts de ce séjour.

L’enthousiasme des ludochons "volants" est un peu mis à mal dès le "presque départ" puisque moins d’une heure avant le décollage notre vol est purement et simplement annulé !
Notre premier jeu est donc une escape room : sortir de la zone embarquement partiellement en chantier ! Première victoire ludochonesque !
Échafaudage de plan de secours pour louer une voiture de Lyon à Düsseldorf pas simple à mettre en place, heureusement, nous sommes finalement basculés sur le vol du soir….le temps d'un petit "We are the Word" (réédité sous le nom de Just In) improvisé - et on fini par arriver...
Récupération des bagages et de la voiture de location sans encombres…. Bizarre….(on découvrira le bug de la location le lendemain...)
Le compte rendu de nos aventures par votre rédacteur préféré ici

Allez, Essen Jour 1, c'est parti ! ! !

Comme chaque année, plusieurs équipes se mettent en place dès l'entrée dans le Messe : les acheteurs passent de boutiques en boutiques, les touristes errent entre les allées, les organisés s’installent pour jouer dès que possible.
Premier achats dès l'entrée en passant : Carpe Diem (je ne résiste pas à un nouveau Feld) et Bretagne (le thème, le prix...)

On démarre avec Reykholt (Uwe Rosenberg chez Renegade Game Studios) ça tourne bien, David, Magali, Yoann et Suzel ont tous une bonne impression, une belle mécanique, du beau matériel, un thème présent.
On choisit une action, on plante, on récolte, on sème, on construit des serres on recommence ….Du classique de chez Uwe Rosenberg on se pose un peu la question de la rejouabilité après-coup mais il y aura au moins 3 boîtes chez les ludochons.

Reykholt

Walls of York (Emiliano "Wentu" Venturini chez Cranio Créations). Le jeu se joue en deux manches, le principe est de clôturer une ville selon des contraintes communes, avoir un certain nombre d'églises, puits et maisons ; le nombre étant déterminé pour chaque manche par un lancer de dés dans une belle tour a dés (surfait selon un certain orque). La construction des murs se fait aussi selon des contraintes de formes communes. Un jeu malin qui a plu aux 4 joueurs mais on ne l'a pas ramené.

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Between Two Castles of Mad King Ludwig (Matthew O'Malley, Ben Rosset chez Stonemaier Games / Béziers Games). Je ne savais pas trop si j’allais essayer j’adore Castles... mais je n'ai pas trop aimé Between Two Cities et le jeu est un mélange des deux.
Une table libre ne se refusant pas on s'installe à 7, autant dire que le mélange est réussit, on retrouve des éléments de chacun de ces jeux on construit donc un château avec chacun de ses voisins avec un système de draft de tuiles de construction, des bonus selon les type de pièces construites. On ne marque que notre score le plus faible.
Joli et hyper agréable je finis à 64 pour chaque château et ça me permet de gagner (seul score dont je me souvienne)

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One Week Ultimate Werewolf (Ted Alspach, Akihisa Okui chez Béziers Games) .On est certainement passé à côté de quelque chose dans ce Loup Garou en une semaine...le jeu n'a convaincu personne c'est le moins que l'on puisse dire.

Arraial (Nuno Bizarro Sentieiro, Paulo Soledade chez MEBO Games) un jeux portugais inspiré du Tetris l'occasion d'une sympathique rencontre.
On organise une fête de rue et il faut attirer du monde en plaçant les pièces de tetris. Première impression très agréable mais au final le soufflet "retombe" au cours de la partie certes agréable mais on doit composer avec les contraintes imposées par les adversaires. Frustrant.
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Et hop achat compulsif de Ceylon (pas de ma faute, il m'a fait de l'oeil...).
Fin de première journée et seul repas tous ensemble dans un restaurant de cuisine allemande typique. plat.jpg

Vendredi, jour 2.

Mon jour préféré sur le salon. On a déja fait du repérage, exploré les halls, on est encore loin du départ, bref LA journée dont on profite !
On démarre avec Teotihuacan : City of Gods (Daniele Tascini, Dávid Turczi chez Pixies Games) explications claires et précises. Du gros, avec beaucoup d'anticipation, une grosse dose de progression, on pense à Tzolkin, un jeu avec un rythme bien particulier, il faudra certainement plusieurs parties pour l'appréhender parfaitement, j'aime beaucoup.

En fin de matinée, RDV chez notre revendeur de tee-shirts favori, l'occasion de dire au-revoir à Zaggus qui repart déjà pour ouvrir son "échoppe des jeux" soit ouverte samedi.

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Gravity Superstar (Julian Allain chez Sit Down!) j'ai suivi Marina une copine bretonne que je ne vois qu’à Essen…(ou à Cannes), une très belle découverte avec de très belles illustrations, un jeu sur la gravité, il faut récupérer des étoiles en tombant dans le ciel, selon la position de son meeple, on tombe vers le bas, la droite, la gauche, le haut... gravity super star.jpg

Cerberus (Pierre Buty chez La Boîte de Jeu), un semi coopératif dans lequel il faut échapper au Cerbère, avec de la trahison un mix entre saboteur et Galerapagos avec une originalité c'est que si un joueur se fait attraper par Cerbère, il devient lui même Cerbère et peut gagner contre les autres.
Au détour d'une balade, je croise le stand d'IMNIA (Stefan Calin, Liviu Pavlovici chez BlackSea Interactive), un futur Kickstarter qui me fait de l'oeil. imnia.jpg
Une table libre, on essaye 3 X 8 (Christian Fiore, Knut Happel chez Amigo), un petit jeu de cartes dont l'illustration m'a attiré, un jeu agréable avec un côté réussite. 3 boîtes pour les ludochons

On rentre a 17h00 histoire de jouer au calme et on découvre tranquillement Brikks (Wolfgang Warsch chez Schmidt Spiele) par le papa de Très Futé dont je suis fan. Ce jeu qui mélange Tétris et dés est une jolie réussite. Un joueur lance les dés qui terminent la forme de Tétris que l'on doit placer. La pièce tombe, on ne peut pas la tourner sauf en dépensant de l'énergie, énergie qui peut servir, si on en a assez accumulé, à choisir la pièce qu'il nous faut. Il y a des bonus si on rempli simultanément 2,3 ou 4 lignes et chaque ligne complétée ou presque rapporte des points à la fin de la partie.

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Ambiance sympathique pour un repas chez notre italien préféré Le Theatro.

Samedi

Jour de forte affluence sur le salon, il est parfois difficile de trouver une place...
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On démarre avec Raiatea (Jan Schmidt chez Quined Games). Alors, là aussi on est peut être aussi passé à côté mais les avis reçus d'autres joueurs me laissent penser que non. Les explications sont assez catastrophiques ça n'aide pas. Le jeu me semble très fouilli, on bloque sur pas mal de choses, bref personne n'accroche autour de la table. Les illustrations réussies ne rattrapent pas le trombone en plastique qu'on doit mettre sur les cartes pour se rappeler qui a joué quoi (aïe aïe aïe pour une maniaque comme moi)
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Bumuntu (Tim Blank chez WizKids) un jeu malin aux graphismes agréables. On joue sur un plateau carré sur lequel il y a des tuiles animaux à récupérer. A son tour, soit on se déplace simplement d'une seule case et c'est tout soit on se déplace en utilisant le pouvoir de l'animal sur lequel on est et on prend la tuile de cet animal de départ. A la fin du jeu, on faut un décompte pour chaque animal, la valeur de chaque décompte est différent et peu évoluer dans la partie.
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Prehistory (Attila Szőgyi chez A-Games). Du matériel à revendre, des actions à choisir mais ce n'est pas fluide. Le jeu n'a convaincu personne autour de la table.
Walking in Burano (Wei-Min Ling chez EmperorS4) un jeu de construction de bâtiments plein de couleurs et de points de victoire, vraiment agréable. A son tour on peut récupérer des cartes toit, étage ou rez-de-chaussée et on peut les construire en démarrant bien évidemment par le RDC et sans mélanger les couleurs. Quand on bâtiment a son toit il est complet, on invite alors un touriste qui rapporte des points pour ce bâtiment ou une personnalité de la ville qui rapportera des points pour l'ensemble des constructions. burano.jpg

Blossoms (Przemysław Fornal, Kajetan Kusina, Mateusz Pitulski, Kamil Rogowski chez Rebel) un jeu de "stop ou encore" à 2 très joliment illustré sur le thème des fleurs.
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Scarabya (Bruno Cathala, Ludovic Maublanc chez Blue Orange), placement de pièces style Tétris pour créer des zones avec des scarabées. Joli.

Samedi soir nous avons le plaisir de voir Nelly qui travaille sur le salon pour partager un - presque - repas libanais. Certains ont mangé (bien), d'autres ont eu une entrée puis ...rien...

Dimanche

Eco-Links (Günter Burkhardt chez Korea Boardgames co., Ltd) un jeu de logique et de rapidité dans lequel il faut relier des points avec des tuiles haxagonales qui ont un décor et un ou des chemins. Un jeu joliment illustré et rapidement adopté (contre quelques euros).

City of Rome, le numéro un du classement Fairplay (un classement réalisé par des journalistes sur le salon) ça s'essaye ! Un jeu de construction de ville, j'aurai imaginé des tuiles à la place des cartes, rien de neuf, ça roule, ça tourne mais rien de transcendant.

Le reste de la journée passe vite entre balades, repas sur le pouce et derniers achats, l'attente dans l'aéroport est l'occasion d'une toute dernière partie de Belrati (Michael Loth chez Mogel-Verlag (Cheat Publishing)), petit jeu de déduction classé au Fairplay.

belratti.jpg Et voila le moment du départ, le vol est cette fois à peu près à l'heure on profite d'une magnifique coucher de soleil au dessus des nuages Les Ludochons ont la tête dans les nuages
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Allez une dernière péripétie ! juste avant d'atterrir l'avion remet les gaz et refais un tour, des vents trop forts nous annonce le commandant de bord quelques minutes après...c'est vrai que le retour manquait un peu de piquant...

Nous voila finalement arrivés à bon port, reste à dépuncher et jouer !

Ma première découverte post salon est celle de My Little Scythe (Vienna et Hoby Chou chez Stonemaier Games - Matagot), une très belle adaptation pour enfants (grands)

Vivement Cannes !


Les jeux essayés par Possom avec ses notes barème Ludochons (de 1 à 5 pour le meilleur)

  • Teotihuacan: City of Gods (Daniele Tascini, Dávid Turczi chez Pixies Games) 4
  • Blackout Hong Kong (Alexander Pfister chez Eggertspiele) 4
  • Eco-Links (Günter Burkhardt chez Korea Boardgames co., Ltd) 4
  • Dice settlers (Dávid Turczi chez NSKN Games - Pixies Games) 4
  • Monumental (Matthew Dunstan chez Funforge) 4
  • Walls of York (Emiliano "Wentu" Venturini chez Cranio Créations) 4
  • Ox Brains 4
  • Patchwork express (Uwe Rosenberg chez Lookout Games) 3
  • Between Two Castles of Mad King Ludwig (Matthew O'Malley, Ben Rosset chez Béziers Games) 3
  • Walking in Burano (Wei-Min Ling chez EmperorS4) 3
  • Ceylon (Chris Zinsli, Suzanne Zinsli chez Ludonova) 3
  • The Bark side (chez Korea Boardgames co., Ltd.) 3
  • Tales of Glory (Romain Chastan chez Ankama) 3
  • Reykholt (Uwe Rosenberg chez Renegade Game Studios) 3
  • Skyland (Aya, Shun chez Queen Games) 3
  • Twisty (Faouzi chez Djeco) 3
  • Claim Kingdoms (Scott Almes chez White Goblin Games) 3
  • Globe Twister (Richard Champion chez Act in games) 3
  • Cerberus (Pierre Buty chez La Boîte de Jeu) 3
  • Railroad ink (Hjalmar Hach, Lorenzo Silva chez Horrible Games) 2
  • Realm of Sand (Ji Hua Wei chez EmperorS4) 2
  • One Week Ultimate Werewolf (Ted Alspach, Akihisa Okui chez Béziers Games) 2
  • The river (Sébastien Pauchon et Ismaël Perrin chez Days of Wonder) 2
  • Gnome land (Stefano Castelli chez Giochi Uniti) 2
  • Nightarium (Konstantin Seleznev chez Ares Games) 2

mercredi, octobre 24 2018

T'as voulu voir Essen, et on a vu... l'aérogare!

Oui quand le salon d'Essen pointe son nez, certains ludochons se laissent aller à la moquerie... Ils ne manquent pas d'évoquer outre le salon, les trésors culinaires (bien bien connus) de la Rhénanie, la chance qu'ils ont de pouvoir croiser leurs idoles (oui certains n'ont pas dépassé le stade du poster mural d'Uwe Rosenberg), ou de pouvoir parler de vélo avec des célébrités comme monsieur Phal, B. Cathala, ou S. Dujardin (En fait, Yoann, ça ne serait pas plus simple d'aller à un salon du deux roues ?)...

Les mêmes ne manquent pas de nous accuser de mauvaise foi quand on met en doute le côté un brin déraisonnable de l'opération pour se procurer au mieux, des jeux... improbables, au pire des jeux ...vraiment improbables. Ils vont jusqu'à se moquer des soirées habituelles des ludochons (qu'ils prisent d'ordinaire) sur le thème du "Ah bon, vous allez jouer, quand même, chez les ludochons jeudi ?" Si on écoute, ces derniers, même le voyage est un moment délicieux en bonne compagnie

"Bouse de vache, oui ! " Je voulais dire Bullshit, mais il parait que c'est grossier ce qui prouve bien que les langues et les sexes ne sont pas tout-à-fait égaux...

Regardez, aujourd'hui même, un groupe de ludochons, était à l'aéroport Lyon Saint-Exupéry, prêt à partir pour Düsseldorf (à côté d'Essen) quand :

Aéroport Essen Image réalisée sans trucage....

Ah, Ah, pour le coup on fait moins les malins ! Et qui est-ce qui se voit déjà obligé de se planquer jeudi pour éviter la honte ?... Si l'inventeur d'une expression, souvent entendue chez les ludochons et extrêmenent visuelle n'était pas dans cette troupe, j'évoquerais bien l'histoire d'amour d'une balayette et du fondement de nos membres...

Bien sûr, pour dégager les ludochons, figés et catatoniques, dans l'aérogare façon "meeple penaud", il a fallu, en urgence, monter une cellule de soutien psychologique, avec une thérapie par le jeu, une aide qui fonctionne bien chez les ludochons... Les voici attendant dans l'aérogare en jouant à "We are the word", enchantant par là même leurs compagnons de galère...
"Allo chérie,... oui je suis bloqué à Lyon,... Non je ne sais pas... Bah oui,... En plus, je suis visiblement avec des attardés... Si, si, ils écrivent des mots en gloussant... Jamais vu des types réfléchir autant pour écrire "marteau... Ouaip, même pas ironique "marteau"..."..."

Bon, vous me direz que c'est juste un problème d'avions, mais non cela concerne tous les transports....

Évoquons le cas de Jean-Jacques qui avait, à l'origine, choisi le bus... Pour quelqu'un qui râle sur les transports en commun du lundi au vendredi, c'est curieux... Il faut avouer que les transports en commun ne sont sympathiques que si ce sont des transports amoureux... Dans tous les autres cas...
Bon, pour le bus, deux stratégies, le bus de jour et le bus de nuit...
Le bus de nuit c'est celui paradoxalement, dans lequel vous ne pouvez pas dormir à cause du fan de portables, de la bavarde logomachique, du bavarois bourré etc... Le bus de jour c'est celui où, paradoxalement, vous vous endormez en position du tetris hurlant... Quoi qu'il arrive vous arrivez décalé (le jetlag en bus... Ridicule) et tellement tordu que les autres ludochons vous interdisent le port du sweat "ludochons" vert ... bleu... turquoise... moche, parce que déjà qu' "on passe pour des gens de mauvais goût, alors, avec ce regard tordu et ce torticolis, on va passer pour des dingues..."

La voiture ? Il y a des gens avec qui vous ne voudriez pas partager votre lit, hein ? Alors pourquoi partager l'espace infiniment plus confiné d'une voiture avec eux ? Ca n'a pas de sens...
Bien sur, dans l'équipe on a un belge plus malin, il part tranquillement seul, et pour ce salon de quatre jours, il part quatre jours en avance... Bon, là il est déjà à Essen... Le défaut c'est qu'il repart demain, pour être quatre jours en avance sur le boulot... Le belge a une logique implacable.... Dommage...

Le train! me hurlera le seul cheminot du club, qu'on a gardé en assez bon état pour ne pas attirer l'attention sur les disparitions suspectes des autres, (il y a pas mal de ludochons qui prennent le Lyon-Grenoble, les aventuriers damnés du rail comprendront)... Et bien le train c'est les avantages de tous les autres moyens de transport, les impondérables de l'avion, les compères du bus, et le confinement de la voiture...

Alors finalement, souvenez-vous, si vous n'allez pas à Essen, Essen viendra à vous, tôt ou tard ! ;-)

PS: Ils ont décollé à 20h37...

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