jeudi, novembre 14 2019

14 novembre 2019 - La bravitude dans la mochitude

Voici le retour d'Essen le plus étrange depuis des années...
D'ordinaire, les semaines qui suivent Essen, nos tables sont envahies de jeux, qui reviennent d'Allemagne par convois spéciaux, dans les bras souriants des plus vaillants de nos ludochons... Pendant quelques temps, nos joueurs berjalliens tentent alors juste d'arbitrer entre différentes frustrations créées par le fait de ne pas pouvoir jouer "à tout" !
Cette année, cependant, les éléments semblent se liguer contre nous... La semaine dernière, certains ludochons du voyage n'étaient pas là et leurs absences nous ont privé des nouveautés. Cette semaine, nous avons eu le droit à une précoce chute de neige; chute d'autant plus fourbe qu'elle débuta quelques heures avant notre séance hebdomadaire pour s'arrêter dans la nuit... Neige qui refroidit, bien entendu, les ardeurs et piégea quelques temps, d'autres malheureux dans les transports en commun...

Bref, n'hésitons pas à le dire, le Karma des ludochons doit être marqué de quelques tâches bien sombres.... Amis ludochons, afin de pouvoir jouer de nouveau en paix, reprenons la main; il est temps de faire pénitence!

Coralia, nov. 2019 Coralia - mettre la tête sous l'eau pour ignorer la neige...

Nous proposons donc le plan d'action suivant pour la semaine prochaine ....

  • Robe de bure pour tout le monde... Et attention, pas de doublure en velours, faut que cela gratte ! Passons du moderne silicium au cilice, homme !
  • Sandalette en bois pour tout le monde, et même si vous revenez d'Essen, pas de chaussette... Le doigt de pied doit être violacé dans la neige... Ca ne sera d'ailleurs pas moins élégant que les chaussettes...
  • Pas de bonbons, nous vous proposerons un assortiment de vers de farine pour calmer vos ardeurs. Et hop, un petit lombric qui pique! Vous en mangerez surement moins ce qui réduira en plus les risques de tâches sur les jeux.
  • Pour toute boisson, de l'huile de foie de morue, c'est bon pour votre croissance ! Là c'est un peu gras et risqué pour les cartes mais nous croyons à une consommation raisonnée...
  • Ensuite pour faire plaisir à tous les champions du rayon développement personnel nous vous proposons de travailler sur la bienveillance, bref vous n'aurez pas le droit à la moindre parole malheureuse sur le jeux ou les joueurs, même pas la plus petite moquerie fut-elle innocente... J'en entends déjà se demander si c'est encore du jeu!
  • Dans le même ordre d'idée, il faudra veiller à faire triompher les autres.... Et attention on ne triche pas avec des jeux collaboratifs...
  • Pour finir, nous ferons enfin plaisir en Noémie en décidant de jouer aux jeux les moins courus du placard !


Bien sûr, nous pourrions nous demander si ce programme exigeant ne risque pas de se révéler contre-productif et de décourager certains... Certes, mais devons nous attendre une chute de grenouilles (*) sur nos jeux, pour nous motiver et tenter d'améliorer notre sort? Non !

"- Ah, oui mais, nous, on était là cette semaine, donc pas la peine d'espérer irriter nos corps splendides..."
En effet, malgré les conditions difficiles, dantesques dirait le journaliste qui d'ordinaire ne connaît pas les 50 nuances du guelfe, certains ludochons n'hésitèrent pas à se rendre dans leur lieu de rencontre habituel, pour se livrer à quelques parties bien méritées... Ceux-là ne méritent pas la bure des martyrs mais les riches vêtements pourpres des héros en majesté.

Nova luna, nov. 2019 Nova luna - Difficile à discerner avec un ciel neigeux !

Bref on espère que tout le monde est bien rentré, histoire de voir le spectacle, attristant, des branches d'arbres qui se cassent dans la nuit...

(*) Pour ce qui est des grenouilles et de leurs chutes, décourageons ceux qui contentent de les faire tomber dans leurs assiettes, un truc assez courant par ici, et évoquons plutôt leur chute biblique, ou même cinématographique (Allez regarder Magnolia, avec l'un des meilleurs rôles de Tom Cruise)

Les joueurs héroïques

  • Cécile, Elsa, Noémie et Philippe
  • Davy, Jean Marc, Vincent (Coyote), et Vincent (Possom)

Les jeux grandioses de nos héros prométhéens

  • Coralia (Michael Rieneck chez Huch!)
  • Die Crew: Reist gemeinsam zum 9. Planeten (Thomas Sing chez Kosmos)
  • Ecos: First Continent (John D. Clair chez AEG Alderac Entertainment Group)
  • Nova luna ( Uwe Rosenberg, Corné van Moorsel chez Pegasus Spiele)


Neige, nov. 2019 Sous la neige, les jeux ?

samedi, novembre 9 2019

Parlez-vous Essen ? (Essen 2019 vu par Cécile)

Je me retourne pour vérifier si tout est bon : la table est débarrassée des sacs et papiers d’emballage, la valise est rangée à sa place dans la buanderie, les jeux ont trouvé une place temporaire sur une étagère du dressing, les vêtements sont triés, il ne reste plus qu’à les ranger ou les laver. Le petit appartement silencieux et le téléphone devenu muet le confirment : Essen est terminé. Un coup d’œil à la fenêtre, le temps a décidé de se mettre au diapason en ne nous offrant que sa pluie et ses plus tristes teintes de gris. Même la play-liste aléatoire Deezer ne propose que des titres de jazz ou de blues mélancoliques : Essen est terminé.
Alors pour contrer le spleen qui s’installe, un câlin au chat, une douche bien chaude, une veste douillette, un pichet de thé, un bon fauteuil, un plaid et l’ordinateur : Essen est terminé, oui, mais maintenant je peux le raconter.
Je reprends les petites notes enregistrées sur le téléphone pendant le séjour, je commence par organiser les idées avant de taper les premières lignes, j’efface, je recommence, je mets d’abord les grandes idées, je travaille sur la chronologie, j’efface, je recommence…. Ce que j’écris m’ennuie. Après tout, personne n’a dit qu’il fallait faire un récit linéaire, ordonné, exhaustif, chronologique, de ce qu’il s’est passé.  Je reprends les notes sur le téléphone, mais cette fois je ne les réorganise pas, au contraire, je les désorganise, j’attribue à chacune un numéro de chapitre au hasard et un titre et je laisse mes idées, mes impressions, mes sentiments, mes émotions, mes souvenirs et mes doigts faire le reste. Je n’essaierai pas, ici, de faire un compte-rendu documentaire ; je vous invite plutôt à un petit voyage au centre de la terre des jeux et à un petit tour de ce qu’à été mon monde pendant 5 jours.

Messen Essen - Spiel, nov. 2019

Chapitre 1 – Je vous parle d’un temps….

Je me souviens de mes premières semaines chez les Ludochons. Arrivée fin septembre, dès le 2ème jeudi je n’entendais parler que de ça, il était sur toutes les lèvres, dans toutes les conversations : « Plus que 3 semaines !! Tu y vas toi ? Oui j’y vais mais il ne pourra pas venir avec nous cette année c’est tellement dommage ». Et je voyais ces hommes et ces femmes, dont je n’avais pas encore retenu tous les prénoms, se sourire avec complicité comme s’ils souriaient d’une blague qu’eux seuls pouvaient comprendre. Je les écoutais avec curiosité, je me souviens même avoir essayé de capter quelques échanges, quelques informations pour pouvoir moi aussi comprendre la blague. Quelques semaines plus tard, les « Tu y vas toi ? » étaient remplacés par des « Alors, c’était comment ? » et les sourires étaient désormais accompagnés de boîtes de jeux de toutes les tailles, toutes les couleurs et de plus de thèmes que je ne pouvais alors imaginer. C’est à ce moment qu’une bonne âme m’a expliqué et m’a dit « Essen ! ». Deux passions réunies en un seul évènement, un salon du JEU en ALLEMAGNE ! Je voulais y aller ! Je DEVAIS y aller ! Comme je n’osais me manifester, un boutiquier d’Aix-les-Bains est intervenu en ma faveur et à parler pour moi aux piliers de l’organisation « Spiel Essen » qui m’ont rapidement accueillie dans leur groupe avec bienveillance et générosité. Parlant allemand je ne m’inquiétais pas plus que cela, j’étais sereine. Je ne savais pas alors ce qu’Essen impliquait ni que j’allais devoir, pour vivre cette expérience, apprendre une nouvelle langue, un nouveau langage.

Chapitre 2 – Gaston, y’a l’téléphon…


Il est important ici de préciser qu’une fois les portes du salon ouvertes le premier jour, c’est la jungle, la loi du plus rapide, la sélection naturelle pure. Donc soit tu t’adaptes soit ….. Les Ludochons, eux, sont une race très évoluée de chasseurs ludiques qui a su s’adapter et s’approprier la célèbre technique du « diviser pour mieux régner ». On fait des petits groupes, chaque groupe se dirige vers le hall et le stand qui l’intéresse, teste un jeu, puis se divise pour former d’autres groupes plus petits, en fonction des envies et destinations de chacun, et une fois qu’un maximum de terrain est couvert par notre petite tribu, c’est la guerre de position qui commence. Mais, comme dans toute bataille, il faut un moyen et un mode de communication qui permette de rallier rapidement un ou plusieurs autres membres lorsqu’un bastion est gagné ou qu’un renfort est nécessaire. C’est à ces moments critiques que la poche se met à vibrée et qu’on peut lire sur le groupe de discussion WhatsApp « Ludochons à Essen 2019 » les messages codés suivant : « « Blitzkrieg 5E112 » « Oriflamme Studio H 3K113 » « 2 places sur Mystery House stand 4A117 » ou encore « J’ai 2 tables Prêt-à-Porter et Empires of North 3O118 ». C’est ainsi que, grâce à l’utilisation efficace et rodée de ces petits appareils appelés par certains voisins francophones GSM, des groupes moins bien organisés se sont vu refuser des tables alors que les Ludochons, certes un peu plus essoufflés que les autres d’avoir dû traversé la moitié du salon, pouvaient accéder à quelques tables très recherchées. Le seul détail c’est qu’il faut avoir constamment son téléphone dans la main ou la poche, la batterie gonflée à bloc et le vibreur en mode « ultra-fort » car il fonctionne non-stop de 8h à 20h (du coup c’est peut-être mieux de le garder dans la main que dans la poche même si chacun l’utilise bien comme il le veut).

Il faut également préciser qu’un groupe de 12 c’est compliqué à manager : « Moi je veux voir ça et ça. », « Oui mais y’a ça là-bas qui a l’air trop bien ! », « J’ai faim ! », « Vous faites ce que vous voulez mais moi je veux tester ça ! », « Les toilettes c’est où ? », « J’ai faim ! ». Alors pour que chacun y trouve son compte, c’est plus simple de se séparer en petits groupes de 4-3-2 ou même 1. Oui-oui, un groupe de 1 c’est quand même un groupe au sein duquel les décisions sont unilatérales et votées à l’unanimité, ce qui évite parfois les longues discussions et les tergiversations et qui peut s’avérer super pratique pour s’incruster sur des tables déjà presque complètes. Ces groupes de 1 ne sont cependant pas toujours voulus tellement il est facile de s’arrêter 5 secondes sur un stand, de se retourner et de ne plus trouver les 2 personnes qui nous accompagnaient. Et bizarrement, ce sont souvent ceux qui n’ont pas de connexion internet qu’on perd les premiers. Aussi, comme on ne peut passer des messages au haut-parleur comme « les Ludochons attendent leur professeur de physique entre le hall 1 et le hall 3 », les Ludochons ont-ils créé « le meeting point » à heure et emplacement fixes et connus de tous. Avons-nous déjà dit que les Ludochons sont une race très évoluée ?

Organisation, nov. 2019

Chapitre 3 – La liste de mes envies

«- T’as fait ta liste ?
- Oui je l’ai d’ailleurs imprimée, pour l’avoir sur moi et la consulter facilement. Et toi ?
- J’ai commencé à regarder sur Event Badger oui, regarde j’ai quelques stands déjà à aller voir.
- Ha ouais quand même, y’en a un paquet !!
- Ouais mais y’en a je sais déjà que je les verrai pas mais bon au cas où.
- Moi j’ai pas vraiment fait de liste mais j’ai écouté pas mal de podcast et j’ai zieuté quelques vidéos. Du coup j’ai déjà fait des pré-commandes, il faut que j’aille les récupérer jeudi matin.
- Une liste ? Comment vous faites ça vous, une liste de ce que vous ne connaissez pas  J’ai pas de liste moi ! Comment je vais faire du coup sans liste ? Il me faut une liste aussi ? Je ne sais pas ce que je mets sur ma liste moi ?? Et puis je ne peux pas savoir juste avec une description si un jeu va me plaire ! Je suis pas du tout organisée !!! »

Vous l’aurez compris, chacun fait sa liste à sa façon et les adeptes des listes fonctionnent chacun à leur manière. On a l’adepte organisé, carré et efficace : la liste est rangée par hall, par stand, par éditeur dans l’ordre alphabétique et par temps de jeu, les lignes sont rayées au fur et à mesure que les jeux sont vus, et le petit-déjeuner à l’hôtel est l’occasion de préparer le plan d’attaque de la journée. Il y a l’adepte consciencieux : la liste n’est pas forcément longue, mais elle est remplie avec soin et mise à jour après chaque stand avec le prix et un petit commentaire. Il y a aussi l’adepte « disque-dur-1-Téra-sur-2-jambes » : tout est dans la tête, pas besoin de papier, le hall et les stands sont scannés à chaque passage, les prix enregistrés, les bons plans repérés et les bonnes affaires mémorisées. On a ensuite l’adepte « tête-en-l’air » : la liste dans la main, puis la liste dans le sac, puis la liste dans l’autre main, puis on ne retrouve plus la liste qui est restée sur une table de jeu un hall plus loin. Il y a encore l’adepte « juste-comme-ça » : la liste n’est là qu’en petit pense-bête, un petit « reminder » de ce qui pourrait intéresser au cas où on ne saurait plus trop ce qu’on voulait voir.

Et puis il y a la jeune recrue, paniquée de ne pas avoir de liste, déconcertée par l’abondance de listes, perdue par le nombre de jeux à trier et à sélectionner et qui n’arrête pas de se répéter « holàlà, j’avais pas compris, j’ai pas fait ça moi! », telle une lycéenne dans le bus du matin discutant avec des camarades du devoir à rendre à 8h.

Chapitre 3 bis – La société de consommation….au jeu comme en amour.

Alors, comme toute bonne élève qui se respecte, elle essaie tant bien que mal de se faire une liste au dernier moment ; elle met à profit le temps de route du matin pour découvrir le « Tinder » du jeu, cette formidable application Event Badger qui permet, avec la même subjectivité et superficialité que l’application originale, de sélectionner ou écarter les jeux présents sur le « marché du salon » : gauche tu jettes « toi t’es moche, toi t’es moche, toi j’aime pas ton graphisme, arghh heu non surtout pas », droites tu pokes « toi, ok, toi pourquoi pas, toi hooo oui, toi, mmh mouais entre 2 jeux ça peut l’faire, hou toi j’te veux !» Devant la fatuité de cet exercice et le manque de réels critères de sélection, notre jeune padawan, pleine de bonnes intentions, referme l’appli en se disant « Je ferai sans liste pour cette fois! L’apli servira au moins à trouver les stands plus rapidement » Après tout, on dit bien « Don’t juge a book by its cover … or by its movie » alors ne jugeons pas un jeu à sa boîte et laissons leur à tous une chance de s’exprimer par eux-mêmes. Cependant, malgré tous ses bons principes, la petite bleue des Ludochons doit se rendre à l’évidence : elle aussi a été contaminée par la société de consommation et la prédominance de l’apparence sur le contenu. Sans s’en apercevoir, elle se dirige mécaniquement vers certains jeux, laissant de côté d’autre moins colorés ou au thème moins parlant. Les dés prennent l’avantage, si les dés sont colorés alors c’est le doublet gagnant, ajoutez de beaux dessins et c’est le jackpot, on ne réfléchit plus, on ne se pose plus de question, « il est trop beau ce jeu » remplace « il est trop bien ce jeu » pourtant plus pertinent. Elle est heureusement sauvée par une petite voix dans sa tête (oui, elle n’est pas seule la haut ;) ) « Tu n’es pas comme ça toi !! Assieds-toi, fais un essai et après tu verras !! » Et on s’aperçoit alors que les plus beaux ne sont pas toujours les plus intéressants, et que le petit aux couleurs ternes et caché en bout de table par le gros bariolé nous correspond finalement mieux. Après tout, tous les goûts sont dans la nature. Alors, oui, c’est vrai, certains ne comprendront pas « Quoi ? T’as pris ça ? Mais pourquoi ? Il est même pas beau en plus ? La mécanique n’est pas des plus intéressantes !.... » « -Oui, peut-être ! Mais moi je l’aime bien! »

Le contenu des chapitres n’engage que la rédactrice et n’est en rien une opinion générale et partagée de tous. Je précise ici que l’application Event Badger est très utile pour ceux qui connaissent déjà bien les jeux, qui sont capables, rapidement, de se faire une idée du thème ou du type de jeu. Le trait est forci et les faits quelques peu biaisés par le manque d’expérience de l’auteure dans l’utilisation de l’appli (oui, elle parle d’elle à la 3ème personne !) mais le ressenti est vrai.

Chapitre 4 – « Entschuldigung, französisch »* et la victoire du GPS sur l’humain

(*trad : « pardon, français »)

Haaaa, ce GPS !! Cette formidable invention qui nous parle toujours d’une voix …..pas vraiment sympa, jamais drôle, qui prend même souvent la tête avec ses « Faites demi-tour dès que possible ! Faites demi-tour dès que possible ! ». Où est passé le bon vieux temps des disputes à coup de « - Mais je t’avais dit de sortir là, maintenant on va devoir faire un détour de 50 km sur l’autoroute et j’ai faim !!! – Maman j’ai envie de faire pipi ! – Ha tu vas pas t’y mettre toi non plus hein, fallait y aller quand on s’est arrêtés !... »
Maintenant, on écoute gentiment la dame qui nous dit de tourner à droite ou à gauche, de prendre la 3ème sortie…. On écoute et on suit docilement ce qu’elle dit, on lui fait confiance car après tout, nous, on ne connait pas la route, sinon on ne lui demanderait pas de nous guider, logique.
C’est ainsi que 3 Français qui s’en allait chercher un de leurs compatriotes à l’aéroport ont suivit avec complaisance les indications de la « dame du GPS » et ont eu la « bonne » surprise, alors qu’ils slalomaient entre les nids de poule (même si à ce niveau là, les poules n’avaient plus rien à voir avec les trous en question, on était plus proche du nid d’autruche) de l’entendre dire « Vous êtes arrivés à destination » : autour de la voiture, les chevaux paissant dans des champs à perte de vue n’avaient quant à eux pas l’air d’être au courant de l’imminence de l’atterrissage. Au loin dans le ciel, à l’opposé des 3 co-voitureurs, un avion atterrissait majestueusement sur le tarmac.

Il fallait peut-être voir ici un signe : on ne voulait pas des Français sur le salon. Aussi, quand ce n’est pas Madame GPS, ce sont les aimables responsables des parkings qui essayent de nous perdre avec un petit remake des 12 travaux d’Astérix et de l’épreuve de la maison des fous, remplaçant habilement le laisser-passer A-38 et la circulaire B-35 par des numéros de parkings : « prenez à droite pour le parking 5 », « le parking 5 est complet, il faut continué à gauche puis à droite pour le parking 8 », « vous êtes allés trop loin, le parking 9 est de l’autre côté, maintenant il faut faire demi-tour et prendre la 3ème à gauche pour le parking 3 »,  « s’il vous plait, prenez à droite, direction parking 10 » …. Le parking 10 ! Cette magnifique invention des Allemands pour renvoyer les français et les Belges chez eux sans en avoir l’air. Le parking 10 ! Ou le parking à 15 km du salon, tellement éloigné qu’il faut reprendre l’autoroute pour y accéder. Le parking 10 !... heu « Entschuldigung, französisch », nous on va pas à chaille, on se gare là. L’horodateur ? Hein ? Quel horodateur ? « Entschuldigung, französisch ! »

Chapitre 5 - Ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement… et inversement.


Qui n’a jamais eu cette impression de débarquer d’une autre galaxie tandis que le professeur de mathématiques explique avec passion la vectorisation d’une courbe parabolique par factorisation de nombres premiers ? (J’en connais qui étaient déjà perdus à « professeur de mathématiques » !) Ma professeur de mathématiques à moi, en 4ème avait deux expressions favorites : 1) « C’est aussi clair que du jus de chaussettes sales ! » suivie, toujours et sans exception, par 2) « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement ! ». On pourrait alors se demander si certains animateurs du salon conçoivent réellement bien les jeux qu’ils sont censés nous expliquer. Nous passerons sur celui qui ne prend pas même pas la peine de remettre le plateau en mode « début de partie » avant de commencer l’explication. Nous n’évoquerons que très peu celui qui commence par expliquer le jeu d’à côté avant de dire que le nôtre sera complètement différent. Nous garderons sous silence celui qui au bout de 4 jours de salon reprend toujours la règle pour vérifier le même point de règle, j’en passe et peut-être des meilleurs. Quoi qu’il en soit, ce qui est vrai dans un sens l’est aussi dans l’autre, à savoir, ce qui s’énonce clairement, se conçoit bien. Il est effectivement avéré qu’une explication dans un langage clair, articulé, audible, agrémentée d’exemple concrets et visuels et donnée par un animateur (ou une animatrice) souriant, aimable et un minimum content d’être là fait 75 % de la réussite du jeu testé sur le salon. C’est ainsi que nous sommes passés à côté de 2-3 jeux, à prendre des jetons d’un côté pour récupérer des boules d’énergie de l’autre, sans trop savoir comment ni pourquoi, l’animateur ayant décidé qu’il avait fait son travail et nous ayant laissées avant même d’avoir pris le soin de sourire. Alors, oui certes, je vous entends déjà dire « les pauvres, ils font ça toutes la journée, ils sont fatigués, c’est très difficile de tenir le rythme, et peut-être que le problème venait des joueuses et non pas de l’animateur !», ce à quoi je répondrai « d’abord, pourquoi forcément, tout de suite, « les joueuses » ? Et puis, nos animateurs préférés à nous, qu’ils soient habillés en jaune ou en noir, ils avaient toujours la force de sourire eux !! Et leurs explications étaient de qualité du début à la fin !! Et toc ! » (= chauvinisme à la française marquant le manque d’arguments)
Reste le problème de la langue. Enfin de la langue parlée par les différents protagonistes : le français est pris à son propre piège. « Moi je suis Français, je parle français !! » Ben oui mais du coup les autres répondent « Ben oui mais ici on est pas en France, nous on est pas français donc va falloir s’adapter »…. C’est d’ailleurs une des questions que je me pose, à savoir, comment se fait-il qu’avec la très grande fréquentation du salon par les visiteurs francophones, il n’y ait pas plus d’animateurs parlant cette douce et belle langue ?
Ainsi, le problème de langue, combiné au bruit ou à la fatigue, rend parfois la compréhension des règles difficile : on se concentre sur le jeu et on ne comprend plus bien ce que dit l’animateur ou alors on se concentre sur ce que dit l’animateur mais de ce fait on ne comprend plus à quoi cela correspond dans le jeu. Et, si vous essayez un jeu le dimanche, vous n’êtes pas non plus à l’abri d’une micro sieste les yeux ouverts : vous étiez là, l’animateur parlait, 10 secondes après vous êtes toujours là … mais il vous manque 3 minutes de règles.

Chapitre 6 – Une table pour 14 !

NB : Pour comprendre ce qui suit il vous faudra quelques mots allemands : Guten Morgen = bon matin, se dit exclusivement le ….. matin (bien, il y en a 3 qui suivent, bravo) et Guten Abend = bonsoir, se dit exclusivement le….soir (bravo, 1er test d’allemand réussi).
NB2 : Pour une meilleur lisibilité, les différents échanges ont été traduits en français.

Ludochon 1 – Il faut réserver le restaurant pour demain, est-ce que tu veux bien le faire ? Nous serons 14.
Ludochon 12 – Oui bien sûr avec plaisir, tu as un numéro de téléphone ?
Ludochon 2 – Tiens tu peux commencer par celui-ci, c’est le plus proche du salon
.
Ludochon 12 (parlant au téléphone) – Guten Abend ! Je voudrais réserver une table pour 14 pour demain soir !
Restaurant 1 – Non, je suis désolé, nous n’avons pas de place pour 14.

Ludochon 12 (parlant au téléphone) – Guten Abend ! Je voudrais réserver une table pour 14 pour demain soir !
Restaurant 2 – Non, je suis désolé, nous n’avons pas de place pour 14.

Ludochon 12 (parlant au téléphone) – Guten Abend ! Je voudrais réserver une table pour 14 pour demain soir !
Restaurant 3 – Non, je suis désolé, nous n’avons pas de place pour 14.

Ludochon 12 (parlant au téléphone) – Guten Abend ! Je voudrais réserver une table pour 14 pour demain soir !
Restaurant 4 – Non, je suis désolé, nous n’avons pas de place pour 14.

………………………………(x24)

Ludochon 12 (parlant au téléphone) – Guten Abend ! Je voudrais réserver une table pour 14 pour demain soir !
Restaurant 25 – Oui on a de la place mais à 21h
Ludochons 3 à 8 – Ha non ben ça fait trop tard, on va faire quoi en attendant…. Non on veut 20h.

……………………………………..(x 3)

Ludochon 12 (parlant au téléphone) au restaurant 29 – Guten Morgen…….. heu Guten Abend ! Je…..

Fou rire général autour de la table, incapacité du Ludochon 12 à continuer la conversation avec le restaurant, gros craquage !

Essen = Manger, nov. 2019

Une soirée normale à Essen quoi !

Chapitre 7 – Au bonheur des …. jeux


Lorsqu’on est une Ludochonne débutante comme moi et que l’on est invité chez un ou une Ludochon(ne) plus expérimenté(e), on est toujours ébahie devant la collection de jeux de notre hôte et on regarde avec admiration ces étagères remplies de boîtes de toutes les tailles et toutes les couleurs. On se dit qu’on n’a jamais vu autant de jeux ailleurs que dans un magasin spécialisé et on ne peut s’empêcher de penser que c’est un peu magique.
Je suis arrivée à Essen avec mes co-voitureurs le mercredi en début d’après midi, et c’est avec impatience que nous nous sommes rendus sur le site du salon pour saluer nos compatriotes et amis déjà arrivés et en train de s’installer sur leurs tables tendues de nappes noires. Après un petit tour de passe-pass’ très français, nous avons pu pénétrer dans le « Messe ». Il est difficile de mettre des mots sur l’émotion de cette première fois, ce moment où l’on quitte un hall d’entrée tout ce qu’il y a de plus classique pour se retrouver, sans transition aucune, dans le hall 1, devant deux allées de largeur moyenne et longées par des mètres de stands présentant déjà des colonnes de boîtes posées parfois à même le sol. Une fois entré dans ce temple du jeu, en prenant par la gauche, le visiteur pourra déambuler entre les stands de jeux à prix réduits voir soldés : à gauche des montagnes de grosses boîtes empilées les unes sur les autres jusqu’à hauteur d’homme ; ici des étagères de 2m50 pleines à craquer d’occasions et de jeux plus vieux que récents ; là-bas les jeux ne rentrant pas tous sur les présentoirs, on a installé des caisses et des raques en métal à côté du stand, dans lesquels il faudrait plonger la tête la première pour avoir une chance d’attraper la boite qui est au fond ; à droite le « Filet » et son videur qui gère la surpopulation à l’intérieur du petit kiosque. En continuant tout droit, le ludovore accède au grand couloir qui mène du hall 1 au hall 3 et qui sera le point de ralliement des Ludochons pour la durée du salon.

Stand, nov. 2019

Arrivé dans le hall 3, c’est une explosion de couleurs et de lumières sous le haut plafond d’où pendent de grandes enseignes aux formes multiples et multicolores: rouges, vertes, bleues, ovales, rectangulaires, cubique… Les yeux et la tête en l’air, le visiteur avance un peu plus et lorsque son regard se pose enfin devant lui, ce n’est qu’une succession de tables rondes, carrées, petites, grandes, en bois, en plastique, de chaises assorties plus ou moins confortables, de parois de séparation des plus simples aux plus recherchées, ici une chambre de pyramide en carton pâte, là une entrée de bunker reconstituée, plus loin ce sont des papillons en origami qui volent au gré des passages et forment un rideau entre les tables.

Stand, nov. 2019

Si l’on va plus avant dans le hall, on commence à voir les jeux être installés sur les tables, les animateurs, qui seront bientôt envahis par les touristes et qui ne sauront plus où donner de la tête, dépunchent pour le moment toutes leurs petites pièces en rigolant entre eux, certains potassent les règles, d’autres déballent encore les cartons de jeux. On court avec la visseuse pour fixer cette lampe qui ne tient pas, tout en slalomant entre les transpalettes et les piles de cartons vides, on fixe au mur les tarifs, on salue les stands voisins, on bavarde en se racontant l’année écoulée.

Stand, nov. 2019

Au fond du hall, une autre grande porte s’ouvre sur ce long couloir appelé « galeria » dans lequel les visiteurs, dès le lendemain, viendront assouvir leur faim et étancher leur soif dans le sens le plus littéral du terme. Les stands de bretzels côtoient les stands de Kebab et de crêpes ; le vendeur de bière fait de l’œil au stand de café ; les odeurs se mélangent et s’entrechoquent ; le gras, le sucre et le sel font face aux jeux pour enfants, aux trampolines géants et aux constructions en Kapla ; c’est là que la marée humaine déferlera dans quelques heures, que les vendeurs d’avions en plastique et de raquettes de tennis pour joueurs solitaires racoleront les passants et que les visiteurs les plus aguerris et connaissant les passages secrets pourront faire la différence en se déplaçant d’un bout à l’autre du salon en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « Johannisbeersaftschorle ».

Kapla, nov. 2019

On peut rester encore longtemps comme cela à déambuler dans les allées, d’un hall à l’autre, des grandes enseignes de jeux pour enfants aux stands Warhammer plus sombres, du coin « initiation à la peinture de figurines » aux stands de T-shirts et au coin Coréen, sans réellement s’apercevoir qu’on affiche, depuis 3 halls déjà, ce sourire niais et béat, réaction indépendante de notre volonté et provoquée par l’émotion, seul moyen finalement que l’on a pour exprimer son émerveillement et la satisfaction de pouvoir enfin dire « Je suis à Essen ».

Stand, nov. 2019

Chapitre 8 – Un pour tous et tous pour un.

Cependant, n’allez pas imaginer que tout est rose et facile. Essen, c’est aussi du bruit, de la surpopulation, des odeurs corporelles plus ou moins agréables, une promiscuité des corps dans des allées parfois étroites, des allers-retours incessants, une explosion de votre moyenne journalière de pas effectués, des coups de chaud, des coups de fatigue, de très longues journées, une concentration de chaque instant pour comprendre les autres, les règles, les plans,…. 4 jours de salon c’est éreintant, alors forcément, il y a des petits moments de stress, des décisions prises sous le coup de l’émotion, qui sont regrettées une fois qu’on est rentrés, des achats que l’on aurait pas dû faire, des achats que l’on aurait dû faire et que l’on a pas fait, etc.
Certains stress sont mineurs : un jeu qui s’écoule plus vite que ce que l’on pensait, une occasion qui risque de nous passer sous le nez, une liste qui n’a pas été faite. Ces petits moments là sont facilement résolus et oubliés.

Ludochons, nov. 2019

Il y a des coups de stress plus problématiques qui pourraient conduire vers une réelle situation compliquée : un avion que l’on pensait décoller à 17h30 et qui finalement décollerait à 15h30 alors qu’on est encore au salon à 13h30, ça c’est un coup de stress qui pourrait s’avérer réellement problématique si on ne s’était pas aperçu après 10 minutes d’échanges sur « qui peut m’emmener, j’ai besoin de ma valise, je suis dans la m… » que l’heure indiquée sur le billet est bien 5.35 PM donc 17h et non 15h.

Ludochons (ou presque), nov. 2019

Et puis il y a le vrai coup de stress, la vraie panique, le vrai problème : celui du portefeuille perdu le dimanche à 9h avec à l’intérieur la carte d’identité, rendant impossible le retour en avion à 17h. Ce problème déjà flippant en temps normal est démultiplié par la fatigue emmagasinée pendant 4 jours, par le fait qu’on soit à l’étranger, par la barrière de la langue, par l’éloignement des proches dont on a toujours besoin dans ces moments là. C’est toute l’euphorie et la joie d’être à Essen qui retombe en chape de plomb sur les épaules faisant apparaitre des pensées toutes plus pessimistes les unes que les autres dont le « je ne reviendrai plus à Essen, c’est terminé ».

Ludochonne, nov. 2019

C’est à ce moment que le vrai Ludochon apparait, dans toute sa sollicitude, dans toute sa générosité, son esprit de groupe et son empathie. Un membre est au plus bas et c’est tout le groupe qui se mobilise, qui fait corps et qui s’unit pour venir en aide à celui qui en a besoin. Chacun apporte son aide dans la mesure de ses moyens : untel aide à chercher le portefeuille, l’autre trouve les mots, celui-ci réconforte par une main sur l’épaule, une accolade ou un câlin, ceux-là passent quelques coups de fils, celles-ci prêtent un peu d’argent, ….

Ludochon, nov. 2019

Quelque soit l’aide apportée, ce qui compte n’est pas tant dans le matériel que dans les qualités humaines et dans l’attention portée à celui ou celle dans le besoin, car au fond, que le portefeuille ait été retrouvé ou non, tout ce dont on se souviendra c’est qu’être Ludochon c’est faire partie d’un groupe et qu’on ne laisse pas un Ludochon dans un coin!

Ludochons, nov. 2019

Chapitre 9 – Quand tu n’as pas compris à quoi sert Essen.

Il y a plusieurs types de personnes dans le monde : celles qui savent ce qu’il faut dire et qui savent quand le dire, celles qui savent ce qu’il faut dire mais ne savent pas quand le dire, celles qui ne savent pas ce qu’il faut dire mais savent quand se taire et celle qui ne savent pas ce qu’il faut dire et qui même si elles le savaient ne sauraient pas quand parler ni quand se taire. En fonction des sujets de conversation, on peut se retrouver tour à tour dans à-peu-près toutes les catégories. Le Petit Scarabée du groupe, lui, a découvert que, lorsqu’on parle d’Essen, il fait partie de ces personnes qui ne savent pas quand il serait plus avisé de se taire.

Ludochon, nov. 2019

Pourtant, on pourrait lui reconnaitre un réel pouvoir, quelque chose de magique et quelque peu déroutant, qui surprend et qui laisse les autres dubitatifs. Ce pouvoir consiste, en 1 phrase, à soulever l’indignation d’au moins 1 autre personne autour de la table et d’entrainer par voie de conséquence, le rire général des autres membres attablés.

Ainsi, à 3 reprises lors du petit séjour des « pousseurs de cubes en bois » à Essen, Petit Scarabée a pu tester son pouvoir, particulièrement efficace sur notre Ludochon myrmécologue. Pour ceux qui voudraient les formules magiques, elles sont très simples.

Pour la première formule, répétez après moi : « - Du coup, j’ai testé Mu cet après midi sur le stand Blackrock » ! Vous venez de lancez votre premier sort et vous pouvez voir la réaction immédiate autour de la table : « Quoi ? Non mais tu rigoles ? On vient pas à Essen pour tester un jeu qu’on a au club !! En plus c’est pas comme si tu connaissais pas l’éditeur !! Non mais c’est quoi cette histoire ! » Bravo, première formule magique réussie !

Ne nous arrêtons pas là, vous êtes bien parti, continuons avec la deuxième formule, répétez après moi « -Demain j’aimerais bien tester XXXXX ! » et observez la réaction qui ne manquera pas de suivre instantanément : « Rhaa non mais je t’ai dit qu’on venait pas à Essen tester des jeux français ! C’est Machin qui l’a fait celui-ci en plus, on le voit tout le temps de partout, tu vas pas tester des jeux de chez nous ! » Encore bravo, décidément vous être très bons !!

Ludochonne, nov. 2019

Pour finir, testons notre troisième formule sur une population plus large à savoir l’ensemble du groupe français, animateurs et éditeur confondus. Cette fois, prenez un air ravi et affichez un sourire triomphant en annonçant fièrement: « J’ai trouvé un stand de DVD en allemand, je m’en suis pris 4 du coup ! »… et observez. D’abord, vous verrez de l’incompréhension « hein ? de quoi tu me parles là ? ». Cette incompréhension ferra vite place à de l’incrédulité « Non, ça peut pas être ça, j’ai mal entendu ! » inévitablement suivi par « Non mais ça va pas bien dans ta tête ! Pourquoi tu fais ça ? Qui vient à Essen pour acheter des DVD ? En allemand en plus !! » et enfin le « Non je ne suis pas d’accord, j’ai rien dit pour les jeux français mais là c’est plus possible, faut arrêter de faire n’importe quoi maintenant ! »

Félicitations, vous avez le trio gagnant, à vous de jouer maintenant!!

Chapitre 10 – S’il n’en restait qu’un…


On pourra remettre en question et en doute tout ce que j’ai pu écrire jusque là et c’est bien normal, après tout, les avis sur le sujet sont légion et chacun aura son opinion sur telle ou telle partie du séjour. Cependant, il est certains détails, certains conseils qui m’ont été donnés et sur lesquels on ne peut revenir, qu’on ne peut désapprouver et qui m’ont permis d’apprécier chaque moment. Il y a les conseils matériels comme s’équiper de chaussures confortables car on va beaucoup marcher. « Beaucoup marcher » est un euphémisme, on ne fait que ça, toute la journée, tout le temps, du matin jusqu’après le restaurant le soir. Alors, oui j’ai passé 4 jours dans des chaussures que je ne trouvais pas très jolies, dans des tenues que je n’aurais pas qualifiées de séantes mais qu’est ce que j’étais à l’aise. Et ça mes amis, ça n’a pas de prix lors de tels évènements.
Ensuite, on m’avait conseillé de prendre un stylo et un calepin pour noter quand j’avais un truc en tête ou que je voyais quelque chose. Peut-être qu’avec l’expérience on y arrive, moi mon calepin est resté vierge et je ne sais même pas de quelle couleur était mon stylo dans mon sac, mais j’ai oublié plein de choses.
Un autre conseil était de prendre une petite sacoche, un petit sac pour mettre l’argent et mon téléphone, en plus du sac à dos et des sacs pour les jeux. Ca parait tout bête quand on le lit comme ça, mais en fait, c’est juste LE pragmatisme absolu.
Enfin, « Toujours avoir du liquide sur soi » ça c’est le « conseil-dilemme moral ». Je me suis dit « je ne prends pas trop, je pars avec tant en liquide, ça doit me faire 4 jours, une fois que c’est épuisé, c’est épuisé, je n’achète plus rien, comme ça je respecte mon budget. »……. Non, ben non, ça ne marche pas comme ça dans la vraie vie à Essen. On finit toujours par retirer encore un peu d’argent et inconsciemment on met en pratique ce petit conseil « Toujours avoir du liquide sur soi ».

Tous ces conseils m’ont été donnés comme ils seront donnés à tous les nouveaux qui voudront découvrir Essen. Ne les négligez pas, ne les chassez pas d’un « mouais, bon, ça va je suis grand, je sais me débrouiller ». Prenez-les comme ils sont et comme ils se veulent, une aide et un retour d’expérience utile pour découvrir le salon dans les meilleures conditions.

Mais si je peux me permettre, je vais rajouter ici un conseil que j’ai reçu et qui n’était pas dans la liste de départ, un conseil qui m’a permis de voir les choses un peu différemment et qui m’a permis d’apprécier pleinement cette expérience nouvelle, un conseil qui dit « Profite à ta manière, chaque Essen est différent, vis le tien ! » Alors, peu importe si vous avez une liste ou pas de liste, peu importe si vous connaissez la nationalité des jeux ou si vous ne savez pas qui sont les auteurs, peu importe si vous vous prenez des « 5-4-3-2-1-0 pouf pastèque » parque vous ne savez pas ce qui fait qu’un jeu vaut le détour ou pas, peu importe si vous aimez les dés, les cartes, les couleurs ou les bretzels, peu importe si vous ne parlez ni allemand ni polonais, peu importe que les autres soient déguisés ou plus chargés, peu importe que les autres achètent plus ou achètent moins, peu importe qu’ils n’achètent pas les même jeux ou qu’ils n’aiment pas les jeux que vous achetez, peu importe ce que les autres font, pensent, disent, cherchent, veulent, peu importe les autres et leur enfer. L’important n’est pas de revenir forcément avec les mêmes souvenirs d’Essen que tout le monde, l’important c’est d’avoir les siens, c’est revenir et pouvoir dire avec fierté et bonheur « Ca y’est, je parle Essen ! »

vendredi, novembre 8 2019

7 novembre 2019 - Les francs-maçons et le jeu !

Rien qu'en lisant le titre de ce message on sent déjà que certains des ludochons, vont manquer de s'étouffer en buvant leur thé (ou leur café) et murmureront un légitime "Oh pétard!".
Rassurez-vous, on va vous expliquer tout cela !

Il y a une quinzaine d'années (c'est à dire, il y a très très longtemps), avant les réseaux sociaux et alors qu'internet balbutiait encore un peu, la source principale d'information pour nombres de nos concitoyens était la presse, nous utilisons le passé car combien de personnes déplient encore de bon matin leurs quotidiens dans le TER ou le métro ? Parfois, à cette époque ancienne, chez les patrons de presse, pour ne pas trop se ruiner en payant le pigiste stagiaire, il fallait faire du chiffre!
On ressortait donc des cartons, les marronniers les plus efficaces, comme, le numéro spécial sur les francs-maçons (où comment la notion de "secret" devient très relative quand on l'expose tous les ans), le palmarès des meilleurs lycées (un vrai soulagement pour le lycéen jurassien de savoir que Louis-le-grand est un bon établissement), le palmarès des urgences (où comment demander à une ambulance de faire 300 kilomètres parce qu'on traite mieux les ongles incarnés dans le nord), les statistiques immobilières (ou tout ce que vous pouvez apprendre en regardant une vitrine d'agence immobilière sans jamais le faire), etc.

À cette époque, on critiquait bien cette tendance à faire dans le sensationnalisme alors que le sujet n'était pas toujours des plus cruciaux.... Heureusement, internet est arrivé, et l'accès direct et large à l'information qui nous préservera désormais de ces excès, des fausses informations et autres discours dogmatiques... Pouf, pouf.

Dreamscape, nov. 2019 Dreamscape - "Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant..."

Et bien remplacez maintenant dans le titre (d'une fantastique absurdité) "Francs-maçons" par "Essen" et vous comprendrez notre drame ! En effet, voici deux semaines que se sont fermées les portes du salon d'Essen et nous avons une fois de plus à faire face à un déluge d'analyses définitives; les premiers bilans du salons tombant quasiment en même temps que les rideau sur cette édition!
Depuis on sent que sur plusieurs blogs ludiques c'est la course! Il faut être le premier à sortir l'article sur le jeu qui buzze, pour récolter le flux des lecteurs et en cas de concurrence être celui qui saura trouver le titre le plus accrocheur, "référençable", et chargé en jeux de mots douteux...

Nous avions déjà mentionné cette citation de Hugo ("Le calembour est la fiente de l'esprit qui vole") et bien il semblerait que dans le domaine ludique certains se soient métaphoriquement transformés en usine à produire du gaz à effet de serre, quoi que par certains côtés ils le soient aussi littéralement. En effet, sur ce dernier point, pour soutenir des discussions assez oiseuses à l'ouverture d'une boîte sur l'épaisseur du carton qui tient les feuilles de score, on vous gratifie parfois de photos en ultra-haute définition d'un meeple (qui vous permet de compter les veines du bois et d'en déduire l'age de l'arbre correspondant) ou de vidéos non-compressées pour tourner autour de la boîte... Sachant que la grande partie des vidéos est regardée sur un mobile avec le son coupé dans les transports en commun, on se demande pourquoi on n'envoie pas directement le texte du sous-titre...

Mais voilà l'internaute moderne veut savoir tout et tout de suite et surtout de rien rater (ce qui produirait un sujet de philosophie pertinent "Peut on passer à côté de l'essentiel en ne ratant rien?"), et pour exister les médias doivent se plier à cette excitation. Cette rage n'est pas innocente et il faut se rappeler que c'est lorsque les jeux envahissent les rayons des vendeurs pour Noël que sortent ces avis, et il ne faut pas douter qu'un avis malheureux s'il ne peut pas définitivement nuire à la carrière d'un bon jeu peut lui porter sévèrement ombrage.

Dernière heure, nov. 2019 Dernière heure - Monsieur Cthulhu! Monsieur Cthulhu ! Un selfie ?

Faut-il critiquer Essen pour autant, ou ces zélateurs trop zélés ? Non, pas forcément... mais chez les ludochons, cela fait quelques années qu'on sait qu'on ne peut commencer un bilan d'Essen que quelques mois plus tard quand on a pris assez de recul sur les différentes boites présentes... Pire, certaines années, on redécouvre, avec une certaine gène, dans les promotions d'Essen et autres invendus, des jeux passés sous les radars et qui acquièrent petit-à-petit un statut de classique...

Aujourd'hui nous mixions donc nouveautés (Dreamscape, Mandala ...) et vieux classiques (Caylus, Hansa teutonica, ...). Jean-Philippe avait même pris l'initiative de ressortir à quelques jours de l'armistice Quartermaster 14-18, histoire de rappeler un temps où on ne faisait pas du foodporn dans les cagnas, où la bayonnette ne servait pas de perche à selfie, et où curieusement quelques hommes, les pieds dans une lourde boue apprenaient durement que la réalité du terrain n'est pas celle des titres lyriques.


Bon, on dit du mal mais le compte-rendu d'Essen par Cécile arrive et ça va être du "lourd" ! Paradoxe de la ligne éditoriale ? Peut-être !
Quartermaster 1914, nov. 2019 Quartermaster 1914 - Une gigantesque absence de réseau social,... la boue et la mort... Mais un très bon jeu!

Les jeux

  • Caylus (William Attia chez Ystari Games)
  • Coup Royal (Vlaada Chvatil chez CGE)
  • Dreamscape (David Ausloos chez Sylex)
  • The Gallerist (Vital Lacerda chew Eagle-Gryphon Games)
  • Geschenkt - Non Merci (T. Gimmler chez Amigo)
  • Hansa Teutonica (A. Steding chez Argentum Verlag)
  • Horreur à Arkham : Dernière Heure (Carlo A. Rossi chez FFG)
  • Libertalia (Paolo Mori chez Marabunta / Asmodée)
  • Mandala (Brett J. Gilbert et Trevor Benjamin chez Funforge)
  • Not alone (Ghislain Masson chez G.A.G.)
  • Quartermaster General: 1914 (Ian Brody chez PSC Games)
  • Small world underground (Philippe Keyaerts chez Days of wonder)

Les joueurs

  • Bertrand II, Cécile, Elsa, Éric, Natacha, et Stéphane (l'aff)
  • Davy, Jean-Philippe, John, Olivier et Philippe
  • Jean-Marc, Manu, Rémi et l'homme invisible
  • Bertrand II, Frédéric, Frédéric II (le bleu prussien...), et Patrick
  • David, Magali, Nelly, et Noémie
  • Alexis, Carole, Marjorie, et Michaël
  • Antonio, Guillaume et Cédric (Atom)


Mandala, nov. 2019 Mandala - exercice esthético-sprirituel ?

- page 1 de 210

Les ludochons : le club des joueurs et joueuses de jeux de société / jeux de plateau
sur Bourgoin-Jallieu et le Nord-Isère