vendredi, juillet 3 2020

3 juillet 2020 - Temps assassin...

On avait cru qu'un confinement c'était d'abord une question d'espace. Un espace réduit, limité, avec lequel il faudrait faire, quitte à tourner en cage... Dans celui-ci, on a d'abord cherché les jeux pour jouer avec la famille et en cas de défaut des solitaires tout-à-fait recommandables, au pire des jeux en ligne...

Puis nous avons découvert que le confinement c'était du temps... Pour certains du temps pour jouer, pour d'autres du temps sans jeu... Du temps d'inactivité ou du temps de suractivité, le vide ou le trop plein. Bref une gestion du temps bien surprenante...

Et puis il est apparu que finalement le confinement c'était du lien social, celui qu'on voulait préserver et celui qui se délitait...

Là où cela se complique pour un ludochon, c'est que le jeu c'est de l'espace, du temps et, du lien social... Bref tout cela a laissé les joueurs de jeux de société dans une société assez joueuse... Joueuse parce que les injonctions sont souvent contraires. On peut, par exemple, être obligé de prendre de la distance dans un TER avant d'aller s'entasser dans un Ouigo. Certains clubs sont accessibles, d'autres non et cela ne dépend parfois même pas du sport ou de l'activité en elle-même, mais parfois de la VMC, de la configuration du lieu, ou encore du niveau de directives.

Bref dans notre Nord-Isère, on peut travailler, aller au cinéma, acheter une nouvelle voiture, se rendre au restaurant, voter mais pour le moment et jusqu'en septembre jouer dans notre club sera chose impossible.

De plus, les injonctions qui peuvent nous toucher sont parfois elles-mêmes contradictoires ou paradoxales. Reprendre la voiture plutôt que le train est-ce vraiment un bon investissement dans la durée ? Faut-il sauver une industrie (aérienne) qui est au minimum un vecteur de propagation ? Bref, nous voilà à gérer des empilements de dilemmes insolubles.

Souvent nous avons professé ici que le jeu nous préparait au mieux à toute sorte d'événements, mais là même pour les meilleurs de nos analystes cela devient pointu... Mais, il y a pire! L'attaque du lien social est des plus angoissantes. En effet, on s'aperçoit que de nombreux concitoyens voient maintenant en l'autre un danger potentiel et qu'ils peuvent le haïr pour un masque dont ils suspectent la non-conformité, alors que les autres, "négligents" (au mieux) pour les premiers, peuvent les haïr de manière symétrique parce que, selon eux, ils bloquent le système de manière excessive (Il est vrai que j'ai vu à la gare une grand-mère mettre du gel sur ses gants vinyliques). Et au pire si on franchit ces fossés d'incompréhensions, on doit affronter la nouvelle peur : si c'était moi le vecteur maudit de cette pandémie...

Tout cela a donné à nos joueurs l'impression de jouer à un nouveau jeu "la pandémie de Thiercelieux", un jeu, théoriquement collaboratif, dans lequel on cherche les coupables, ou chaque nuit des joueurs disparaissent, et ou le carton définissant votre rôle indique juste "Pas sûr", "Je ne sais pas", ou "Peut-être"...

Pandémie à Thiercelieux, juil. 2020 Pandémie à Thiercelieux - la fiction et la réalité....

Que va devenir le joueur, s'il ne peut plus faire confiance à l'autre pour se réunir autour d'une table de jeu ? Le joueur redeviendrait alors un homme seul, et on le sait, l'homme seul est souvent mal accompagné, et on peut se demander, avec un peu d'angoisse, ce qu'il restera de nos joueurs de société en septembre.

Bref le temps est assassin... et emporte avec lui les rires des enfants et les mistral gagnants.

PS : Pleurez pas ! Les billets précédents (auto-censurés) étaient pires!

jeudi, juin 25 2020

25 juin 2020 - John or the English lock-down way...

As I sit at my desk after a nice meal of pasta (cream, bacon and a topping of grated cheese but really you should stop being so nosy about what other people eat) I settle down into the usual routine of an e-sport show for my ears and a manga (more accurately a manhua this time) for my eyes. Then suddenly I am startled out of my reverie state, induced by the lull of a simple fantasy setting in a martial art world and the screams of the casters growing uncomfortably excited at the sight of professional prowess in a video game.

The startling ? Caused by my phone reminding me that in 10 minutes a group of women and men would be reuniting around multiple tables of varied states of disrepair to play boardgames. However, what certain... For the sake of propriety we will call: Less logically minded and uninformed, people are calling a Chinese weapon is affecting the world and preventing, among other things, our little club from officially gathering. So... What can I, as an unofficial English correspondent of the Gamerkin activities, talk about when they aren't... Activating ? Well for one thing, you could nuke France as much as you like, or other less violent catastrophes if you so prefer like a fluffy pink fuzzy unicorn Tsunami, and still the members of the Gamerkin would play games.

Ludochons  2012 !, juin 2020 A long time ago (2012) in a galaxy far, far away.... So it seems !

Somehow, even though our members are in the lower half of double digits, I believe them to be wholly guilty for the massive explosion of online board game website users. Impossible you say ? Preposterous ? Well I have no doubt that many of our sleezy members created multiple personas from all around Europe just to be able to play more games of this or that through the web! I mean did she really think she was fooling me ? Suzellina del Arte... Come on! At least try to create believable fake identities Magali. I digress, other than these websites, and other virtual platforms, now that quarantine has been relaxed the Gamerkin have returned to a more traditional version of gathering: Going to each others homes.
I am thus comfortable in my little cave that, geographically, all around me lounges, kitchens, torture basements are being used to ritualistically open boxes and sigh at the sound of cardboard brushing against cardboard. Then they will proceed into wholeheartedly focusing at the total annihilation of the degenerate scum smiling at them thinking they could possibly score a single point against them in Keyflower! Do you score points in Keyflower ? Anyhow...

The point is even though I have abandoned my Gamerkin friends to return to my own roots of being a giant video game nerd, I am happy and content knowing boardgames will never abandon them. Except hopefully Quartemaster. Screw that game.

jeudi, mai 28 2020

28 mai 2020 - Ennemi intime....

Dans un cercle de joueurs normallement constitué il y a toujours un moment où vous rencontrez votre Némesis... Notez que généralement, on déforme ce concept et qu'on est loin de la déesse étrange de la vengeance et de l'équilibre, nous en faisons plutôt, non pas une personnification d'un ennemi intime mais plutôt une sorte de figure en creux, votre contraire ludique...

Ce concept peut parfois être relativement cruel, en effet si vous êtes le ou la némesis de Raphaël, notre ancien membre, parti "juste au bon moment" dans le Grand-Est, vous avez peut-être été plus vite que lui, dans une zone verte et vous êtes probablement plus chanceux que lui sur ce point mais, il est certain, qu'en revanche, vous n'avez pas gagné une partie depuis le 12 mars 2003, et que, qui plus est, vos défaites sont généralement larges et humiliantes.
Dans ce cadre, il vaut nettement mieux se positionner comme la némésis de votre serviteur, qui enchaîne avec une certaine efficacité les stratégies douteuses et les résultats médiocres ! Une de nos joueuses ne s'était pas trompé et avait réclamé ce titre, il y a quelques temps... Belle idée, qui dénote un esprit plutôt malin (En effet, c'est bien ma némésis) !

Bon, mais que nous ayons déjà ou non trouvé notre némésis, les choses deviennent nettement plus ennuyeuses pour nous les joueurs, en ce moment, puisque nous avons, tous, maintenant un ennemi intime... Ennemi intime, qui n'est plus simplement notre complémentaire ludique, mais l'ennemi implacable du joueur : j'ai nommé, vous vous en doutez, la covid....

Nemesis, mai 2020 Nemesis - "once fastened, servile, now you're getting sharp / moving oh so swiftly, with such disarm / I pulled the covers over him, shoulda' pulled the alarm / turned to my nemesis" Pearl Jam "Go".

Rappelez-vous! Souvent, vous avez vanté, auprès de vos collègues moqueurs ou éberlués, les qualité du jeu de société et bien, reprenez cet argumentaire, et vous vous apercevrez que cette dernière race de corona-virus semble vraiment vous en vouloir....

  • "le jeu de société engendre de bons moments de rire et de joie".... Dernièrement, quand vous éclatez de rire, il semble que tout le monde se sente obligé d'ouvrir son parapluie, de baisser sa visière, et de sortir son gel hydro-alcoolique... Ce qui par ailleurs ouvre des perspectives intéressantes pour tous les spécialistes du One man show pas drôle.

  • "Le jeu de société est transgénérationnel".... Il est déjà difficile de se réunir mais mélanger les générations parait être devenu le nec plus ultra du comportement social réprouvé...

  • "Le jeu de société rapproche les gens, en leur offrant des terrains de rencontres et de discussions"... Alors là, l'attention du censeur va se focaliser, en un instant, sur le mot "rapprocher".

  • "Le jeu de société est une source d'évasion"... En fait, ce n'est pas trop ce qu'on vous demande en ce moment, où on vous préfère chez vous...

  • "Le jeu de société est assez peu cher".... Cela reste vrai mais si on ajoute le prix des masques, le gel et la stérilisation du jeu, cela va devenir discutable... Sans compter tous les jeux qu'il va falloir acheter pour soutenir nos boutiques préférées : #shoptonjeu !


Si nous devions céder à la paranoïa nous affirmerions bien haut que le covid n'est pas la création d'un chinois israëlite anti-capitaliste qui aurait croisé un pangolin transgénique et démocrate avec des chauve-souris pédophiles, comme le pensent ceux dont l'irrigation du cerveau souffre d'une casquette trop serrée ou alors de l'écoute prolongée du best of du rap français, "courant Jul", remixé par Bigard et Dieudonné ; non le covid est la création d'un ludophobe revanchard ! Bah quoi ? Ce n'est pas plus improbable !

La bonne nouvelle est qu'il semblerait que nous puissions imaginer voir bientôt la fin de ce tunnel ludique, et que nous puissions retrouver nos "vraies" némésis, celles avec lesquelles on risque au pire de se prendre une dérouillée (en mangeant des bonbons et en échangeant des bons mots)....

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Les ludochons : le club des joueurs et joueuses de jeux de société / jeux de plateau
sur Bourgoin-Jallieu et le Nord-Isère