Au jour le jour

Week-end Ludochons, soirées à thèmes, bref des moments de vie chez les ludochons

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mercredi, mai 5 2021

Mai 2021 - Communions sous les deux espèces : du vin et du jeu !

"En mai, fais ce qu'il te plaît" ? On peut jouer alors ?
Bientôt, bientôt... Enfin on espère !

Revenons cependant un instant, en attendant de pouvoir jouer, sur cette injonction proverbiale. En effet, souvent les proverbes nous poussent plutôt à l'économie ou à la prudence et là, celui-ci, semble ouvrir la porte au lâcher-prise.... Un peu imprudemment car si vous sortez en T-shirt en ce début mai vous risquez surtout d'assez vite récupérer un bon rhume (et tousser derrière un masque c'est toujours déplaisant!).

Par ailleurs, ce "Fini la modération !" en cette période de COVID prend un sens particulier, surtout lorsque certains spécialistes se sont inquiétés de l'état dans lequel nous pourrions retrouver nos collègues transformés en des sortes d'éponges à alcools. Il faut avouer que pour les joueurs, si une légère griserie n'est pas incompatible avec la pratique ludique, le joueur éméché est rarement un bon compagnon autour d'une table... Mais ce rapport curieux du jeu avec Bacchus pourrait nous fournir le sujet du jour, au prix d'une transition encore plus improbable que d'ordinaire, le vin et le jeu (je me demande si l'auteur ne manifesterait pas une certaine frustration actuellement sur ces sujets)...

Improbable comme sujet ? Pas tant que cela, le vin fait partie de la culture française, et il y est associé un peu partout dans le monde. Qu'on soit un oenologue distingué ou un abstème méritant, il faut bien admettre ce fait, ainsi que l'impact économique de sa production, de son commerce et de l'oeno-tourisme, sans parler de son rôle structurant dans la géographie ou l'architecture de nombreuses régions.

Alors, vu que le jeu de société est aussi devenu une valeur sure du paysage français, on pourrait se demander si un lien fort ne pourrait pas s'établir entre les deux... Après tout, on a joué si souvent la révolution industrielle anglaise avec Wallace, qu'on peut se demander si quelques auteurs français ne pourraient pas eux être tentés de mettre les pieds dans la barrique pour en tirer un excellent jus...

Vinhos 2016, mai 2021 Vinhos 2016 - Une envie de découvrir les crus portugais ?

Le vin en questions ?

Curieusement les choses paraissent un peu plus compliquées que cela. D'abord ils nous faut sans doute distinguer deux grandes familles, les jeux (très) grand public ou "de commande" et les jeux destinés à des joueurs chevronnés...

Dans la première catégorie on va retrouver les classique du jeu de questions (de l'archétypique "Trivial pursuit - Editions vins" aux plus récents Wine IQ, AOC,...) aux jeux de parcours façon jeux de l'oie. Certains sont d'ailleurs des oeuvres de commande ("Le Grand Jeu du champagne") et même si le joueur est souvent méfiant sur ce type de jeu, on peut y dénicher quelques (relativement) bonnes surprises.

Certains jeux plus spécifiques vont jouer sur un élément plus complexe : l'odorat (Le nez du vin, Bacchanales), mais il faut l'avouer la plupart des tentatives ludiques sur ce sujet tentant de mêler fragrances et jeux (vins, parfums, fleurs,...) ont rarement été de grands succès ludiquement parlant...

Du vin... Sans vin ?

De l'autre côté, si on aborde le sujet par la face ludique on peut avoir aussi quelques déceptions. Le formidable "chateaux de Bourgogne" évoque assez peu (et c'est un euphémisme) le vin et la vigne, Die Weinhändler (Attention il y a deux Weinhändler), jeu d'enchères assez malin est finalement assez abstrait. L'autre Weinhändler du remarquable Dominique Ehrhard est un fort bon jeu et si le transport du vin est un sujet pertinent, difficile malgré tout de dire qu'on y perçoit toute la complexité de l'univers du vin.
Bref, on peut avoir quelques jeux pour lesquels le vin est juste un prétexte mais c'est un classique chez les joueurs.

Un assemblage impossible ?


Faire fusionner le vin et jeu dans un ensemble cohérent serait donc impossible ? Et bien pas du tout ! ces dernières années on a vu sortir quelques jeux qui semblaient à la fois utiliser pleinement le potentiel thématique du vin en offrant des jeux de qualités.

Si Grand cru n'avait pas trop fonctionné chez les ludochons, on peut clairement affirmer que Vinhos, la même année (2010) avait clairement rempli son objectif en mettant en jeu l'ensemble des activités liées à la production viticole.

Viticulture, juin 2018 Viticulture - chez les ludochons en 2018 (déjà !)

On peut aussi signaler Viticulture et son extension, qui par le biais de très nombreuses cartes permettent de mettre en lumière quelques métiers moins connus ou des activités rarement mises en avant, le tout dans un jeu plutôt fluide (ce qui est mieux pour du vin). Plus récemment Vignobles avait aussi trouvé des fans.

Bref, il y a sûrement encore de nombreux champs à explorer dans ce domaine thématique, par exemple le travail de la vigne en lui-même n'a que très rarement été mis en oeuvre (par le méconnu Vign'en jeu), on pourrait aussi évoquer les grandes réussites industrielles du champagne, l'exportation mondiale, l'arrivée du phyloxera, le travail en cave, la gestion des caves (placement),... Que de jeux à créer !

vendredi, avril 9 2021

Avril 2021 - Ca me rappelle un truc....

Revoilà les poissons d'avril ! Oui ces étranges animaux qui ne quittent plus leurs espaces clos et qui tournent en rond en respirant par les ouïes de leurs masques inexpressifs... D'aucun prétendent que derrière ces tristes hères, se trouvent quelques ludochons, qui furent, et espèrent redevenir, l'avenir du joueur humain !

Nous voilà donc reparti pour un tour! Tour d'ivoire plus que tour de jeu avec la perspective de devoir encore attendre pour pouvoir nous retrouver. On me dit d'ailleurs, qu'impatients, certains ludochons errent dans les rues, la manche relevée murmurant :
"- Juste un p'tit vaccin, c'est pour rester digne et pouvoir continuer à jouer..."
Poissons, avr. 2021 Le jeu du miroir - Trouve toutes les ressemblances entre les deux poissons (ça peut occuper quelques temps)

Remarquons que le mois d'avril est, pour le chroniqueur désoeuvré, plus sympathique puisqu'il peut fournir de nombreuses images qui symbolisent bien notre situation actuelle et donc après le poisson d'avril, on a eu Pâques, et nous voilà à nous demander si nous sommes pas plus "cloches" que "sortis de l'oeuf"... D'ailleurs, pourquoi être surpris, la sagesse populaire ne nous précisait-elle pas qu'il convenait de ne pas se découvrir d'un fil... et on se plaît donc à penser à mai !

Certes, la situation varie largement d'un ludochon à l'autre en ceux qui peuvent jouer et ceux qui ont cessé.. ce qui nous amène à réfléchir à ce que pourrait être notre vraie première rencontre...

  • Devrons nous consoler des ludochons en pleine crise de larmes quand ils saisiront leur premier meeple ?
  • Comment réagir à ludochon soudain en arrêt devant le dé qui se trouve au creux de sa main ?
  • Comment réapprendre à attendre des joueurs qui vont moins vite qu'une IA ? Surtout s'ils se piquent de vous coller une raclée ?
  • Nos mâchoires un peu gourdes pourront-elles se remettre à débiter moulte bêtises ?
  • Certains d'entre eux, désocialisés devront-ils être ramenés de force à la table de jeu ?
  • Devrons nous constater que certains de nos membres nous ont quitté pour se consacrer à la collection de masques usagés ?


Diantre, finalement ce confinement tombe bien, puisqu'il va nous donner du temps pour penser à tout cela !

Lundi, mars 15 2021

Mars 2021 - Faut bien être philosophe....

Voilà, bientôt un an que les ludochons sont masqués... Et, au-delà du masque, et à une lettre près, c'est surtout le manque !
De quoi devenir philosophe, me direz-vous... Et bien, c'est peut-être une bonne idée que de se risquer dans ce territoire ! Puisque nous évoquons cette possibilité, expliquons aussi, pourquoi nous sommes si sûrs qu'il convient d'explorer cette piste .
Remarquons pour cela, que nous ne manquions pas, au début de nos séances de saluer "nos" Alain qui semblaient souvent bien philosophes, et, alors que nous étions si proches de la révélation, nous n'avions, jusqu'alors, jamais évoqué, ni même pensé,... au philosophe Alain.

C'est un tort ! (Il est toujours important d'user d'un ton définitif quand l'enchaînement est douteux). Car les éditeurs, qui savent souvent tirer profit des événements, fussent-ils contraires, ont remis en avant les "Propos sur le bonheur" de celui-ci...
En effet, en cette période, pour ce qui est des propos et du blabla nous sommes assez au point, et il suffit de se brancher sur une chaîne d'information continue pour apprendre, avec délice, toutes les manières offertes par le langage pour agrémenter le vide ! Par contre, pour ce qui est du bonheur, c'est une autre paire de manches ! Or, si on parle de manche, le ludochon parait l'interlocuteur idéal, soit qu'il soit toujours prêt à en jouer une ou deux, soit qu'il joue comme l'un d'entre eux.

Alain Ludochons, mar. 2021 Le philosophe Alain portant le célèbre béret des ludochons... (Pour Alain, c'est sûr. Pour le béret, le sujet est débattu !)

Maintenant, que nous nous sommes donc auto-proclamés spécialistes du sujet (au prix de cette belle démonstration, d'une solidité proche de celle d'un château de cartes sur le pont d'un clipper dans l'Atlantique Nord), revenons à Alain, à la philosophie et au jeu, car voilà ce qu'il déclare dans son propos du 30 novembre 1922 :


"L'homme n'est heureux que de vouloir et d'inventer. Cela se voit dans le jeu de cartes; il est clair, d'après les visages, que chacun contemple alors sa propre puissance de délibérer et de décider; il y a des Césars de la manille, et des passages du Rubicon à chaque instant. Même dans les jeux de hasard, le joueur a tout pouvoir de risquer ou de ne pas risquer; tantôt il ose, quel que soit le risque; tantôt il s'abstient, quelle que soit l'espérance; il se gouverne lui-même; il règne. Le désir et la crainte, importuns conseillers dans les affaires ordinaires, sont ici hors du conseil, par l'impossibilité où l'on se trouve de prévoir. Aussi le jeu est-il la passion des âmes fières. Ceux qui se résignent à gagner en obéissant ne conçoivent même pas le plaisir de jouer au baccara; mais, s'ils essaient, ils connaîtront au moins pendant un court moment l'ivresse du pouvoir."

Ah, le bel esprit ! On reconnaît bien là un esprit qui a grandi dans le bon air normand ! Quoi qu'il en soit, voilà une belle interrogation sur ce qui constitue le sel de notre plaisir ludique et qui se conclue par une belle déclaration d'amour à cette pratique !
Le jeu serait donc la passion des âmes fières, voilà qui devrait clouer le bec au prochain quidam qui s'amuserait à vous reléguer au statut d'être immature ! Maintenant, notre trop longue privation risquerait-elle de nous voir courber la tête et nous faire abandonner ces reflets d'intelligence qui éclaire le regard des ludochons ? J'en frémis.

Jarnac, mar. 2021 Jarnac - Il y a, peut-être, un message caché, oui, mais lequel ?

Et puis d'ici notre retour, saurons-nous réfléchir à cette question : notre plaisir ludique dépend-il uniquement de notre capacité à délibérer et à décider ? Vaste question, et nous ramasserons les copies à la réouverture...

Vous aimez la philosophie ? Cela tombe bien nous avions déjà tordu le cou à Descartes... ;-)

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