vendredi, janvier 10 2020

9 janvier 2020 - Typologie du râle

Pour évoquer la vie des ludochons nous n'allons pas, comme pourrait le suggérer le titre, nous intéresser, et les comparer, à des rallidés, bien que les oiseaux soient à la mode dans le monde ludique! Mais nous nous sommes aperçus que le monde des joueurs se divise, en fait, en deux grandes catégories : les râleurs et les non-râleurs....

Et oui, les joueurs ne se répartissent pas entre petits et gros joueurs, joueurs de jeux abstraits ou non, simulationistes intégristes ou fan de narration mais bien comme nous l'avait suggéré notre forum entre les râleurs et les autres.

History of the world, janv. 2020'' History of the world - La vraie histoire a de quoi faire râler... le jeu moins ?''

Notons d'abord que les "autres" sont souvent de très bonne composition et des éléments essentiels de nos clubs de jeu, leur grande placidité en faisant d'ordinaire d'excellents compagnons de jeu. Nous pouvons ainsi citer de nombreuses joueuses à la bonne humeur qui parait ou apparaît inoxydable , ou chez les plus chenus nos Alain qui semblent toujours flegmatiques même lors des parties les plus tendues.
"- C'est vrai qu'il faudrait donner des bons points à l'un et l'autre.
- Oui, mais j'aurais plutôt préféré dire "Alain II"...
- À l'un d'eux, non, il faut dire à l'un, du bien des deux !"
(N'est pas Devos qui veut!)

Mais, il faut bien le dire à côté de ces joyeux drilles qui rendent plaisantes nos soirées, il existe une large famille de râleurs qui curieusement, même s'ils se sont éloignés de équanimité, ne rendent pas moins agréables nos réunions .
Il est donc sûrement temps d'étudier ces étranges râleurs:

  • Le légaliste : ce râleur va chipoter sur chaque point de règle et, pour les plus "féroces", prendre comme un affront personnel le moindre point de règle oublié (vous savez celle dont on se souvient au moment du décompte...). Le légaliste, version dure, semble avoir déserté les ludochons, heureusement pour ces nombreux bénévoles qui tentent, tant bien que mal, de se souvenir de dizaines de règles semaines après semaines et de toutes leurs variantes; mais on aime encore bien s'invectiver avec force, avec des poses de matamore, pour le plus grand plaisir des spectateurs, lorsque une règle oubliée fait son apparition.


  • Le caliméro : pour le caliméro l'univers entier semble s'être ligué contre lui, et il ne comprend vraiment pas pourquoi les autres joueurs ne font rien pour lui faciliter le travail, incroyable, non? Le côté tellement exagéré de ces prétentions spécieuses peut finir par être fascinant pour les autres joueurs. Pour respecter le dessin animé historique, il est préférable que ce rôle soit tenu par une tête d'oeuf.


It's a wonderful world!, janv. 2020 It's a wonderful world! Vite dit, il y a quand même pas mal de râleurs !

  • Le ronchon : le ronchon va moduler des sons étranges tout le long de la partie. Il connaît toutes les variantes possibles du "Ah la la !", du "Ouch!", du "Pfff" qu'il peut jouer sur tous les tons. Il peut intriguer les autres joueurs qui vont chercher à interpréter ses borborygmes pour en déduire sa stratégie, une sorte de jeu de communications qui s'ajoute au jeu classique.


  • Le bougon : le bougon c'est la version plus explosive du ronchon. C'est le capitaine Haddock de la session ludique et on peut regretter que tous les joueurs qui entrent dans cette typologie ne portent pas la barbe (mais on me dit que certains femmes pour des raisons physiologies doivent renoncer à cette pilosité), car le bougon, va souvent commencer à se tordre la barbe et le menton en tout sens comme s'il voulait se déboîter la machoire pour tout d'un coup laisser sortir un flot d'injures d'ordinaire fleuries et souvent assez créatives, permettant de donner à nos outils ludiques les plus courantes (pions, jetons, cartes et autres) des fonctions qu'on ignorait jusque là...


  • Le clabaudeur : pour clabauder il faut râler mais attention à tort et à travers et cela n'est toujours pas si facile. Le grand classique vise à reprocher par exemple à un jeu de gestion son manque d'interaction où à un "can't stop" son côté un peu aléatoire. Mais pour clabauder efficacement, il faut prendre à partie les autres joueurs, et, par exemple, au moment crucial où, un de nos plus fins calculateurs réfléchit finement au placement de sa huitième ressource lors du tour n+3, lui demander très très sérieusement, si possible en rouspétant, s'il ne trouve pas lui aussi qu'il est redoutablement indélicat à un moment où se développe le véganisme et le flexitarisme de représenter la nourriture par des cubes roses....


Expedition to Newdale, janv. 2020 Expedition to Newdale - Si tu ne réfléchis pas tu vas râler...

  • Le maronneur : le maronneur va utiliser les deux sens du terme maronner en exprimant du dépit en grognant indistinctement. Bref le maronneur est le fils improbable du caliméro et du ronchon... D'ordinaire à un moment il va désigner avec une tristesse infinie un point du plateau, tout en lâchant des umf, umf, umf. peu compréhensibles... Le maronneur n'est guère gênant même s'il peut inquiéter ses voisins (c'est peut-être son but secret).


  • Le scientifique : le scientifique part souvent d'une étude précise du jeu, mais il va rapidement vous déborder par des questions qui vous laisseront songeur, par exemple "Pourquoi au troisième tour du jeu, le point de victoire ne vaut plus que l'équivalent de 5 "sous" alors que, jusque là, la progression avait été plus linéaire ? Hein ? Pas normal... Et je ne te parle même pas du ratio entre les ressources"...


  • Le satanas : Seuls les plus chenus se souviennent peut-être de Satanas et Diabolo (" Dastardly and Muttley" pour les plus anglophones) et bien le Satanas a une gestuelle inspirée de ce personnage. À savoir que ses bras se lèvent au ciel avec régularité, que son corps peut se tasser puis rebondir en un instant, le tout pour exprimer sa joie extrême suivie d'un dépit aussi grand. Le satanas a le râle gestuel!



Curieusement les râleurs et les placides semblent vivre dans une sorte de symbiose improbable, du moins chez les ludochons. Pourvu que cela dure...

Les jeux

  • 6 qui prend / 6 nimmt ! (Wolfgang Kramer chez Amigo)
  • Agricola - Expedition to Newdale (Alexander Pfister chez Lookout games)
  • Bubblee Pop (Gregory Oliver, Bankiiiz Editions)
  • Carcassonne (Klaus-Jürgen Wrede chez Hans im Glück)
  • Dominion (D. Vaccarino chez Filosofia)
  • Ganz schön clever (Wolfgang Warsch chez Schmidt)
  • History of the world (Version 2018 - Steve Kendall et Gary Dicken chez Asmodée)
  • It's a Wonderful World (Frédéric Guérard chez La boîte de Jeu)
  • Nocturion (George Skourtis chez Vesuvius Media)
  • Splendor (Marc André chez Space cowboys)
  • Taluva (M.-A. Casasola Merkle chez Ferti) x3
  • Terramara ( Acchittocca, F. Brasini, V. Gigli, S. Luperto, A. Tinto chez Quined game)


Terramara, janv. 2020 Terramara - pas de raison de "râler", c'est un cadeau de Noël

Les joueurs

  • Bertrand II, Guillaume, et Suzel
  • AlainCM, Davy, Éric, Vincent à la barbe fleurie, et Vincent (Possom)
  • Frédéric, Olivier, Philippe et Serge
  • Bertrand, Cécile, Cyril (Atom), et Magali
  • Jean-Marc, Manu, Michaël et Rémi
  • Natacha, Pauline, Sandrine et Stéphane 3
  • Corinne, Patrick et Vincent (Bibou)
  • Elsa et Noémie


Nocturion, janv. 2020 Nocturion - La nuit tous les râleurs sont gris (sauf les dragons).

vendredi, février 23 2018

22 février 2018 - Quand Cannes, cancane !

Cette deuxième semaine de vacances scolaire nuit encore gravement à la fréquentation des ludochons, effet qui se trouve renforcé par l'absence de certains ludochons partis au festival du jeux de Cannes.
Curieusement, ces absences prouvent définitivement, et nous allons le "démontrer", la supériorité de l'activité des ludochons sur toute autre activité imaginable un jeudi soir (si, si!).

En effet, revenons sur ce que représente le festival de Cannes... Cannes, c'est d'abord la Méditerranée et sa plage, c'est une certaine douceur même en ce temps de froid polaire. Si on se concentre un peu plus sur le festival, c'est la possibilité de fréquenter un lieu qui a été foulé par les pieds de nombreuses célébrités du cinéma (qui n'étaient peut être pas tous des pervers), c'est la possibilité de croiser des personnalités du monde ludique (si cela vous intéresse) , de croiser des auteurs de jeux (même si 99% des gens ne comprendront pas qui est avec vous sur votre nouveau selfie), d'essayer des prototypes (y compris de très mauvais), de voir des jeux en exclusivité (avant le pilon) et... de jouer encore et toujours!


1812 1812 - Le lac Érié vaut-il Cannes ?

Qu'offre Bourgoin-Jallieu en comparaison ?
Pour la mer, la Méditerranée il faut admettre qu'avant que ses marées très très peu marquées nous atteignent, nous risquons de rester sur les quais, au sec, encore bien longtemps.
La Maison des Habitants de Champarret qui nous abrite, est peuplée de gens sympathiques mais peu sont connus mondialement dans le domaine du cinéma (mais avantage, on n'y croise pas de pervers de classe mondiale!) et il faut bien avouer que les dalles de sol, vertes, ne sont pas tout-a-fait à la hauteur du tapis rouge cannois. Certains des membres des ludochons peuvent tout à fait prétendre au titre de "personnalité ludique", mais, et c'est dommage pendant le festival, elles sont, elles aussi, à Cannes.... accompagnés des rares auteurs de jeux qui nous fréquentent d'ordinaire !
Avouons donc que nous avons du mal à concurrencer les attraits de Cannes, surtout un jour de février où la température semble peu décidée à franchir la barre du 0°C.


Keyper Keyper - Il y a des nouveaux qui auraient préféré être à Cannes ou n'importe où d'ailleurs !

Bref, il n'y a à la lecture de cette description, aucune raison, pour qu'un ludochon reste dans le Nord-Isère, et il devrait derechef, coiffer son chef de son célèbre couvre-chef, le béret, et filer vers la côte d'Azur de son pas le plus alerte...

Et bien non ! Ils étaient encore près d'une quinzaine à être là de bonne heure et près à en découdre... Comment expliquer cela ? Comme nous avons déjà expliqué souvent à quel point le ludochon est un être d'exception, on ne peut en aucun cas y voir un aveux de faiblesse... Non s'ils se retrouvent ensemble ici, c'est parce qu'on y passe un bon moment....
Sans chicane, on est mieux qu'à Cannes !

Ce message vous était offert par le CAMFR (Club des Activistes pour une Mauvais Foi Radicale)

Mombasa Mombasa - Arcanes, boucanes, chicanes, hurricanes, jerrycans, mais rien sur Cannes

Les jeux

  • 1812 (Beau Beckett, Jeph Stahl, Asyncron)
  • Century : La route des épices ( Emerson Matsuuchi chez Plan B games)
  • Keyper (Richard Breese chez R&D Games)
  • Mombasa (Alexander Pfister chez Gigamic)
  • Taluva (M.-A. Casasola Merkle chez Ferti)
  • Tortuga 1667 (Travis & Holly Hancock chez Façade Games)
  • Tschak ! (Dominique Ehrhard chez Gameworks)

Les joueurs

  • Guillaume, Jean-Jacques, Jory, et Jimmy
  • Davy, Éric, Stéphane 3, et Vincent (Possom)
  • Alain, John, Manu, et Victor
  • Noémie, Olivier, Norbert et Pauline


La route des épices La route des épices - ne passe pas par Cannes !

vendredi, octobre 20 2017

19 octobre 2017 - Malédictions !

Parlons malédiction! Car certains me disent que les Ludochons sont des femmes et des hommes comme les autres. Mais je n'en suis pas si certain. En effet, vu notre fixation sur le jeu, je prétends plutôt que nous sommes une espèce rare, ayant évoluée depuis des pions d'un jeu antique enterré dans un tombeau d'un souverain maudit. Pourquoi maudit ? Parce que après trois jeux différents et trois défaites, je ne me sens pas folichon.
Ludochon oui, folichon non.


Unearth Unearth - Certains n'ont pas décollé et sont restés sur terre...

Certains Olivier qui resteront anonymes prétendront que c'est une histoire de culture et que les anglais ont le don de se maudire eux mêmes alors que la ligne d'arrivée est en vue. Mais non, c'est une histoire de malédiction. Pendant que certains voguaient les mers dans SeaFall en trouvant de forts joyeux noms pour leurs personnages, moi je re-jouais l'histoire du Seigneur des Anneaux dans le jeu coopératif "Seigneur des Anneaux". Une version où les 4 Hobbits restent ensemble jusqu’à la fin. La fin, ce soir, étant le moment où Sauron attrape Frodon (joué par moi) et récupère l'anneau assurant ainsi sa dominance sur les terres du milieu...

Prenant exemple sur les charmantes demoiselles à la table d'à côté jouant à "The game", (et je le rappelle les Ludochons sont une espèce maudite, elles ont donc probablement perdu la partie), nous décidons d’enchaîner sur un petit jeu de carte. "Zéro" a pour simple principe de terminer la partie avec le plus faible score possible voire, au mieux, de faire zéro. Votre humble maudit a fait 12... Les mathématiciens me diront: "Ce n'est pas mal 12! C'est un nombre composé, voir hautement composé..." Mais je ne comprends pas grand chose à leurs propos et 12 reste assez éloigné du 0 voulu!

Alors, une deuxième défaite sous la ceinture, je décide de changer de table. C'est à ce moment qu'un cri retentit "On peut trouver un troisième peut être". Je lève les yeux et alors que la plupart des Ludochons se mettent à rentrer, je m'installe devant une partie de "Taluva".
L'anonyme Olivier regrette immédiatement mon invitation à sa table quand je remarque un problème majeur de ce jeu le moment où je m'assois. Pourquoi 4 civilisations décideraient elles de s'installer sur une île volcanique hautement instable ? Le silence comme seule réponse je m'investis dans la partie. Je cogite et cogite et réfléchis un peu et petit à petit arrive à me faire une petite marge d'avance par rapport aux autres. La victoire à portée de main d'ici 2 tours je décide... De trop construire... Ma civilisation tombe en poussière, l'anarchie s'installe et pendant que mon quart de l’île sombre dans le chaos, l'anonyme Olivier remporte la partie...

Taluva Taluva - Les anglais à leur apogée - Conclusion : les laisser-faire... Ca marche à chaque fois... Il est où l'Empire britannique ?

Qu'importe le jeu. Ce soir il y eut plus de perdants que de gagnants. N'est ce pas là la preuve que le Ludochon est une créature maudite ? Alors si la malchance vous poursuit... Peut être est-ce parce que vous êtes un Ludochon. Et une fois qu'on est Ludochon, on le reste. Quoi que puisse en dire les Normands.

Tadam ... roulement de tambour et pyrotechnie de bon aloi !
Oh la la , on laisse les commandes 5 minutes à un représentant de la perfide Albion, et voilà qu'il nous raconte des insanités et qu'il finit par invoquer les Normands ! Tu invoques le Normand ! Le voilà...
Bon nous avons déjà dit tout le bien qu'il fallait penser des bretons, je vous promets de parler des grands bretons d'ici peu ! En attendant il convient d'évoquer le fait qu'hier nous avons joué à pas mal de jeux plutôt récents, on peut citer Unearth, Paper tales, mais aussi le prototype d'Asyncron Pelegrinus. Si on aime bien voir des prototypes, (il vaut mieux dans un club qui a pour membres vénérables Yoann Levet et Bertrand Arpino) cela nous fait toujours plaisir que des éditeurs nous permettent de "tester" des prototypes (je ne rentrerai pas dans le débat sur "tester" aujourd'hui). Le normand que je suis est d'autant plus heureux qu'il avait déjà testé le vrai prototype il y a 8 ans!
Curieusement c'est un "jeu à l'ancienne" (programmation, majorité, règles simples), mais je trouve que dans le paysage moderne, c'est un grand bol d'air assez rafraichissant (Oui John cela me rappelle ma jeunesse). Disons que sur la partie il a eu 3 bonnes notes sur 4 ce qui n'est pas mal chez nous... Nous réserverons nos retours détaillés à Asyncron, surtout quand d'autres auront pu le tester a semaine prochaine. En tout cas c'est toujours sympa de voir des jeux en cours d'évolution...

Pelegrinus Pelegrinus - Il juraient vraiment autant que cela les moines autour de la table ?

Les jeux

  • The game - (Steffen Benndorf chez Nürnberger Spielkarten Verlag)
  • Huit minutes pour un Empire (Ryan Laukat chez Iello)
  • Paper tales (Masato Uesugi chez Blackrock games)
  • Scythe (Jamey Stegmaier chez Ghenos games)
  • Seafall (Rob Daviau, JR Honeycutt chez Ironwall games)
  • Taluva (M.-A. Casasola Merkle chez Ferti)
  • Le Seigneur des Anneaux (Reiner Knizia chez Edge)
  • Unearth ( Jason Harner, Matthew Ransom chez Brotherwise games)
  • Zéro (R. Knizia chez Asyncron)

Les joueurs

  • Magali, Raphaël, Vincent (Bibou) et Yoann
  • DAvide, Jori, Stéphane (l'aff) et Yannick 3
  • Jean-Jacques, Manu, Olivier et Zaggus
  • David, John, Rémi et Yannick (Lego)
  • Noémie et Nelly
  • Éric, Jean-Philippe, Vincent (Possom), et Suzel sur SeaFall
  • Bertrand II, Davy, Frédéric et Stéphane 3


Paper tales Paper tales - À jouer en chantant "Les petits papiers" ?

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