mercredi, décembre 14 2016

15 décembre 2016 - Normand kick(start)é...

Il n'y a pas que le jeu dans la vie... Certes, mais en tant que joueurs réguliers, nous sommes souvent, qu'on le veuille ou non, un peu des ambassadeurs itinérants de notre loisir, auprès des non-joueurs.

Récemment, je tentais d'ailleurs de tenir ce rôle périlleux, loin de nos terres berjalliennes, auprès d'honnêtes compatriotes normands de ma connaissance.
Ces normands sont les descendants des maquignons, qui ont fait la "réputation" des paysans normands dans le domaine de la roublardise parfois cruelle et de l'"habileté" commerciale (Relisez Maupassant, par exemple, le petit fût)... Bref, des hommes pragmatiques au regard exercé, qui jugent le bonhomme (ou le bétail) d'un coup d'oeil avant même de l'approcher.
Pour être, malheureusement, honnête, je ne suis pas sûr d'être bien haut dans leur échelle des valeurs, me situant surement dans le créneau "sans danger" qui me permet de les trouver d'un commerce agréable tant que, justement, je ne parle pas de commerce avec eux.

Star wars - Assaut sur l'Empire. Star wars - Assaut sur l'Empire - accueillant comme le bocage normand en 1944...

Je dois dire aussi qu'avec ces amateurs de concret, j'ai eu assez peu de succès en évoquant le jeu de société; les loisirs se résumant, pour eux, à la chasse ou à des lectures savantes mais discrètes (une fois le courrier de l'Eure ou le courrier cauchois reposés); lectures qui surprendraient ceux qui ne se fieraient, pour les juger, qu'à leurs (affectées) démarches pataudes.

Cependant, un sujet les a intéressé : le crowd funding ! Là, je me suis presque vu en défenseur de la modernité amenant, à des foules perdues dans l'obscurité, la lumière ! Oui, faire financer son produit par ses acheteurs tout en en gardant le bénéfice, voilà qui plaisait à ces artistes de la négociation... Bien sûr, ces prudents marchands en vinrent vite à me demander si on était sûr que les offres étaient sérieuses... parce qu'à un moment ou à un autre il faut bien regarder les dents (ou les meeples) de l'animal!

Scythe Scythe - le crowd funding réussi.

Après l'évocation de beaux échecs et de vrais succès, j'ai du admettre qu'aujourd'hui les bons "kick starters" s'appuyaient souvent sur des structures fiables ou reconnus (société, éditeurs ou auteurs), qui finançaient par ce biais des projets ambitieux... Une révolution dans la distribution ! Des possibilités infinies !! Du neuf !!! Du jamais vu !!!! J'avoue m'être un peu enflammé!
Le plus taiseux de ces taiseux, après un moment, finit alors par lâcher :
"- Mais ton machin, s'rait-y point 'ne bêt' souscription ?
- ..."
La modernité, c'est surfait, et je passais le reste de la soirée à siroter mon calvados en méditant cela...

Las Vegas Las Vegas - des requins aussi... mais plus clinquants que les normands...

Heureusement, il y a les soirées des ludochons qui peuvent vous mettre du baume au coeur. En ce moment, qui plus est, les nouveaux joueurs se multiplient, et quand nous parlons de nouveaux joueurs nous parlons de ceux qui viennent de pousser leur premier cri (à défaut de leur premier cube en bois)... Après Héloïse, Zacharie (qui a acquis, hier, brillamment et avec calme le titre de plus jeune joueur chez les ludochons), on nous annonce Thomas.
Pour tout dire, ce choix de prénom, nous a un peu surpris; chez nous, nous avions plutôt misé connaissant le papa pour Uwe (à 3 contre 1), Vladimír (à 4 contre 1), ou Rüdiger (à 6 contre 1)... Mais Thomas, il faut être honnête, voilà qui nous surprend.
Cependant si on se rappelle que Saint Thomas d'Aquin a été le promoteur de notions comme "la connaissance intellectuelle" et des "degrés d'abstraction", ceux qui se sont fait écraser ont joué avec son père comprennent un peu mieux... Et puis Thomas, c'est un joli prénom !

Eternity Eternity - Magali, force de vente pour ce jeu !

Les jeux

  • 1944 : Race to the Rhine (Jaro Andruszkiewicz & Waldek Gumienny chez Asyncron games
  • Broom Service: The Card Game (Andreas Pelikan, Alexander Pfister chez Alea) x2
  • Eternity ( Cyril Blondel, Jim Dratwa chez Blackrock Games)
  • Las Vegas: The Card Game (Rüdiger Dorn chez Alea)
  • Les Châteaux de Bourgogne - le jeu de carte (S. Feld chez Alea)
  • Scythe (Jamey Stegmaier chez Ghenos games)
  • Star Wars : Assaut sur l’Empire (J. Kemppainen , C. Konieczka & J. Ying chez Edge)
  • Prototype

Les joueurs

  • Bertrand I & II, Manu et Suzel sur Scythe
  • Alain, Jean-Philippe, Magali et Vincent (Tcho) sur Eternity
  • Christophe, David, et Jean-Michel à l'assaut de l'Empire
  • Frédéric, Olivier, et Vincent (Possom) sur Race to the Rhine
  • Davide, Noémie, Stéphane (l'aff), et Vincent (Bibou le coyoyte) à Las Vegas


Race to the Rhine Race to the Rhine - parfois on ne joue pas à Quartermaster !

mercredi, décembre 7 2016

8 décembre 2016 - Le jeu du vendredi matin

Nouveau petit test d’écriture, dans un style radicalement différent de celui habituel , un peu comme celui de l’élève indiscipliné qui essaie d’attirer l’attention en écrivant sur sa table du collège des poèmes qui n’en ont que le nom …

Je vais essayer de reproduire sous forme ludique, de bonus / malus, l’écriture d’un texte du vendredi matin !
Pour commencer, il faut respecter les règles des comptes-rendus :

  • Caler des citations d’auteurs inconnus
  • Placer des notes d’humour
  • Amener une réflexion chez le lecteur mais pas trop non plus
  • Faire en sorte qu’il ne parte pas tout de suite
  • Faire en sorte de parler un peu de jeu
  • Pleins d’autres subtilités d’écriture et de narration qui m’échappent complètement.


C'est parti !

Scythe Scythe - offre et la demande version kick-starter réussi

Ce matin, je vous invite (+ 5 implication direct du lecteur pour le garder éveillé) à réfléchir rapidement et superficiellement sur l’offre et la demande du marché ludique actuel (+15 sortir une phrase digne d’un énoncé de partiel 3° cycle +5 avec "amener une réflexion chez le lecteur" +5 de bonus "culture & économie" + 10 pour le bonus "lien wikipédia").
À une exception près cependant, ici le prix sera remplacé par le nombre de sortie de jeux de société sur une année commerciale.
Chez les Ludochons, plusieurs membres fondateurs, nous parle parfois d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître (- 10 de crédibilité, +10 chez les vieux), ce temps où Caylus et Saint Petersbourg (2004) (+10 avoir fait une recherche bgg) étaient LES jeux et où les comptes rendus du vendredi matin se résumaient à 1 ou 2 jeux.
C’était le temps ou l’offre et la demande étaient faibles. (+10 en économie niveau collège)

L’offre

Du coup, à l'époque, difficile de faire le difficile (+10 de mouvements, retour à la citation d’introduction), on prend ce que l’on nous donne, on découvre, on s’émerveille de la profondeur et on replonge pour une énième partie.
Est-ce positif ou négatif (+10 en politique) ? D’un côté, on se donne le temps d’approfondir les mécaniques, mais si on n’aime pas, et bien, on souffre.
Et puis, comme de la question de l’œuf ou la poule, laquelle a commencé à augmenter, l’offre ou la demande ? (+10 en philosophie)
Dans cette niche (notre Hobby, pas le Dooble) qui n’en est plus une, à quel moment les comptes rendus de séances ont commencé à recenser 6, 10 jeux différents joués ? Donnée à mettre en relation avec le nombre de participants aux sessions bien évidemment, (+10 en maths) mais de mon ressenti, je dirais 3 – 7 ans (+10 en politique, je me mouille pas).
A l’heure où j’écris ces quelques lignes maladroites (+5 en auto flagellation), les jeux s’entassent, les rayons débordent telles les dindes farcies que nous nous apprêtons à manger.
De la multiplication de l’offre, moi en tant que consommateur, je me sens plus fort, plus critique, j’ai le choix, trop de choix ?
Du coup, je peux faire mon difficile, je peux croiser les informations, regrouper les avis et me poser en critique du haut de ma toute puissante position de consommateur courtisé.
Car oui, je suis courtisé, marketté, buzzé, moubourré et ksstarté (- 20 crédibilité à force de bouffer à tous les râteliers)
Je me pose donc en critique, car oui Madame, ce jeu est une merde et je vous pisse à la raie (+ 25 cinéphile et humour de mi-vieux -5 "tout public").

Mais est ce que ce n’est déjà pas le cas pour les autres produits culturels ? Les livres, les films, les jeux vidéos ?
- Ne regarde pas ce film, c’est nul !
- Ne lis pas ça ça n’apporte rien de nouveau !
- Encore une BD sur les zombies y en a marre !
- Je viens de créer un blog sur les mangas et je critique le dernier tome de Naruto !
(-15 Faire des gros gros raccourcis)
Relic Relic - Offre version licence déclinée

La demande

Le secteur est en croissance, on peut donc penser que la demande suit, ça vend, ça achète, tout va bien Madame la Marquise (+10 chez les vrais vieux, - 10 crédibilité, -25 chez les jeunes).
Mais sommes nous plus heureux ? (+10 en psychanalyse de comptoir)
En tant que joueur, du point de vue de votre Hobby ? (+ 5 implication direct du lecteur pour le maintenir toujours éveillé)
Ne sentez vous pas montez la nausée, le trop plein du repas de noël ou au 13° dessert, où vous vous demandez pourquoi il y a la faim dans le monde ?
Ou êtes vous un Gargantua (+5 en littérature) du monde ludique et c’est déjà pareil dans les autres domaines, plus j’en ai mieux je me porte !
Difficile de donner son temps, sa chance à un jeu tant les tentations sont nombreuses.
Une partie rapide et hop, mon avis est forgé, ma critique est faite et son sort décidé.
Direction poubelle et oubliette ou place sur l’étagère et panthéon ludique.
On a tendance a allé au plus important, on scrute le top 50 des ventes de Philibert, on demande conseil à son crémier, on devient difficile. (-50 placement de produit)
Du coup baisse de la demande ?
Non, au contraire augmentation de la demande pour les gros, pour les hits, les gros deviennent plus gros les petits plus petits et difficile de renverser la tendance.

Horreur à Arkham Horreur à Arkham - offre version classique revisité

Conclusion

(-50 parce qu’on a déjà perdu 70% des lecteurs)
L’offre perd elle en qualité ?
On pourrait se poser la question au vu de certaines sorties, dont le monde ludique aurait bien pu se passer.
Mais ce n’est pas moi en tant qu’acheteur qui suit responsable, ce sont les vendeurs qui n’ont pas à mettre en vente une bouse pareille et recentrer l’offre sur des produits de qualités, plutôt qu’une profusion d’offres !
Mais si ça sort, c’est que des gens achètent ? (vraiment ?)
Et si toutes les offres sont de qualités !?

Et bien si toutes les offres sont de qualités, mais qu’elles ne se vendent plus, c’est que l’offre dépasse la demande.
Mais si demain, nous décidions d’un élan collégial, de tous arrêter d’acheter des jeux et bien l’offre s’effondrerait. Tout est une relation de cause à effet, tel un ying yang de l’économie.(+10 en kungfu).
Mais notre Hobby est devenu un marché en croissance à deux chiffres depuis plusieurs années, cela n'est pas prêt d'arriver. Réjouissons nous !
Ou pas.
Ceci était un message à caractère informatif. (-20 référence foireuse)

Score total : 0 point.

Quartermaster Quartermaster - offre version originale et jeu amorti

Les jeux

  • Amerigo (S. Feld chez Queen Games)
  • Horreur à Arkham - le jeu de cartes ( Nate French, Matthew Newman chez FFG)
  • Codenames ( Vlaada Chvátil chez CGE)
  • Quartermaster (Ian Brody chez Asyncron)
  • (W40 000) Relic (John Goodenough chez FFG)
  • Scythe (Jamey Stegmaier chez Ghenos games)

Les joueurs

  • Nelly, Suzel et Vincent (Bibou) en mer
  • Bertrand, Manu et Zaggus dans leurs exosquelettes
  • Davy, Jean-Philippe, Olivier, Stéphane (l'aff) et Vincent (Possom) en campagne
  • Bertrand II, David, Éric et Frédéric en dystopie

vendredi, novembre 4 2016

3 novembre 2016 - Piratés !

Nos spécialistes de la soirée à thème ont un peu pris de court nos ludochons favoris en nous imposant en cette soirée le thème "Mers, ports, et pirates".
Le ludochon qui pensait "pantoufler" jusqu'à Noël en ouvrant, semaine après semaine, une boîte en provenance d'Essen se voit pour le coup obligé de réfléchir à son panier de jeux.
Amerigo Amerigo - Chez Feld, les pirates, c'est carré...

Le problème n'est pas moindre pour le rédacteur. Il se dit qu'il pourrait tenter la manoeuvre de diversion visant à ré-expliquer, comme si cela constituait une nouveauté, la différence entre pirate et corsaire (Utilisez lettre de course puis lettre de marque,plus chic, dans vos explications cela permet de bien étaler la confiture), ou encore à ré-expliquer que "prendre son pied" pourrait être en fait une expression de pirate, mais, non, tout cela serait céder à la facilité !

Bref, à ce stade et sans idée, il ne nous reste plus que le calembours même si l'auguste Victor Hugo nous a mis en garde contre celui-ci !

Le calembour est la fiente de l'esprit qui vole. Le lazzi tombe n'importe où ; et l'esprit, après la ponte d'une bêtise, s'enfonce dans l'azur. Une tache blanchâtre qui s'aplatit sur le rocher n'empêche pas le condor de planer. Loin de moi l'insulte au calembour ! Je l'honore dans la proportion de ses mérites ; rien de plus.
Victor Hugo dans "Les non-joueurs" ou alors "Les misérables" je ne sais plus...


Voilà donc votre serviteur cherchant quelques blagues à faire sur un éleveur tripoteur malhabile (pis raté), ou sur un corbeau se prenant pour une pie ratée, mais il faut bien le dire cela ne nous mène pas loin...

Il nous reste toujours la tentation du π (pi) raté. Et que faire avec cela ? Pleurer sur le sort terrible et la déprime du 3,15 rendu anonyme par la gloire de son voisin ? Se pencher sur la quadrature du cercle ? Rappeler que le concours de Pi (nombre de décimales connues) constitue l'équivalent pour le geek pré-pubère du concours de pipi pour l'adolescent moins bien doté intellectuellement ?
Non, cela serait trop vulgaire... Bref nous allons nous intéresser à la transcendance, car oui Pi est un nombre transcendant... Si on applique maintenant une autre définition de la transcendance (c'est un peu cavalier) "Existence des fins du sujet en dehors du sujet lui-même", cela peut nous faire réfléchir...

Surtout, il faut alors nous demander ce qui a été raté (piraté, faut suivre) dans notre soirée. Aurions-nous raté la transcendance à cause de notre pratique ludique ? Le jeu est-il transcendant ?

Cuba Cuba - sans blocus de la part des joueurs ?

Répondrons-nous à ces questions ? Non (nous ne répondons jamais à nos questions), car nous avons déjà piraté une bonne partie de cette chronique et nous laisserons à Bertrand le soin d'y répondre la semaine prochaine à moins qu'il ne veuille parler de sociologie (si, si) !

Revenons à nos pirates du jour (nombreux) mais néanmoins sans foi ni loi, puisque certains ont envoyé par le fond ce thème avec une certaine légèreté...

Les jeux

  • A Feast for Odin (Uwe Rosenberg chez Z-Man)
  • Amerigo (S. Feld chez Queen Games)
  • Cuba (M. Rieneck & S.Stadler chez Filosofia)
  • Dark seas (A. Rubbo chez AEG)
  • Korsar (Reiner Knizia chez Asyncron)
  • Prosperity (Sébastian Bleasdale, Reiner Knizia chez Ystari )


Les joueurs

  • Suzel, Noémie, Christophe et Olivier
  • Jean-Michel, Jean-Philippe, Manu et Zaggus
  • Alain, Stéphane, et Bertrand II
  • Davy, Magali, Matthieu et Nelly
  • Raphaël, Vincent (Possom) et Yoann
  • David, Éric, Frédéric, Sandra et Thomas


A feast for Odin A feast for Odin - pirates, version analyse multifactorielle

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