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vendredi, janvier 5 2018

4 janvier 2018 - Destruction créatrice

À l'évocation de ce titre de "Destruction créatrice", je vois déjà des dos se raidir. En effet, les plus attentifs se demandent ce que votre scribouillard mal inspiré, va encore pouvoir faire de la théorie économique de Schumpeter. Angoisse légitime (si vous avez lu les autres billets) et d'autant plus grande que le terme a été utilisé, à tort et aussi à travers, dans les média ce qui fait que ces deux simples mots formant un oxymore des plus élégants ne manquent pas de cliver l'auditoire. Appliquer cela au monde du jeu voilà qui pourrait générer bien des perspectives passionnantes ou terrifiantes.

Terraforming Mars Terraforming Mars - Pour une fois qu'on ne les mange pas (les mars)... Oui j'ai honte

Bien heureusement, votre serviteur montrant de sérieuses limitations, il ne saurait même pas faire quelque chose de ce beau concept. Néanmoins si on regarde parfois les jeux qui occupent nos belles soirées, on voit généralement que coexistent deux grands mécanismes : la construction et la destruction et qu'ils sont dosés dans chacun des jeux.

Hier soir, deux jeux pourraient symboliser ces extrêmes, Warhammer 40000 et Terraforming Mars, tous les deux se placent dans la grande tradition littéraire de la Science Fiction, mais dans l'un il convient de (selon l'expression ludique consacrée) "poutrer l'adversaire" tandis que l'autre il faudra rendre respirable une planète hostile. Dans les deux cas on voit bien que les mécanismes s'opposent.
Comme l'on fait les auteurs de Science-fiction, et plus généralement les auteurs, on pourrait se demander ce que porte ces différentes visions (nos peurs, nos espoirs,....). Le plus amusant et que ces deux notions peuvent se combiner ou s'éviter, dans un Keyper on va plutôt tenter de construire, dans Citadelles les rôles vont s'échanger...

Ce qui est étrange, c'est que ces notions sont rarement évoquées et qu'elles vont s'intégrer dans des types de jeux (gestion, placement,...) alors que la concordance n'est pas parfaite... Plus conceptuellement, il serait amusant de savoir si les joueurs et joueuses penchent, de manière individuelle, plutôt vers un type de jeux constructif ou destructif...

Altiplano Altiplano - À Lima, l'aima le lama ?

- Et "Flamme rouge" tu le classes où ?
- Pardon ?
- Bah... Hier, on a joué à cela... Constructif ou destructif ?
- Ouais... Bon... J'ai peut-être bien fait de ne pas breveter cette idée...
- Je me disais bien que c'était pourri ton analyse...
- Euh... Quand même !
- Et encore imagine si on avait sorti Dixit !
- ...

Pour répondre au billet de John du jour je crois plutôt que ma position n'a pas trop changé par rapport à ces deux billets ( La femme est l'avenir du joueur mais surtout joueuses attablées, joueurs lessivés , le dernier correspondant bien à une partie de Keyper de cette soirée ! ;-) )

Les jeux

  • Altiplano (Reiner Stockhausen chez dlp games)
  • Citadelles (B. Faidutti chez Ubik)
  • Flamme Rouge + Peloton (Asger Harding Granerud chez Lautapelit) x2
  • Istanbul Le jeu de dés (Rüdiger Dorn chez Matagot)
  • Keyper (Richard Breese chez R&D Games)
  • Terraforming Mars (Jacob Fryxelius chez Fryxgames)
  • Warhammer 40.000 (chez Games Workshop)


Keyper Keyper - Magali met la main sur le jeu

Les joueurs

  • Elsa, Magali, Noémie et Olivier sur Keyper
  • Alexis et Philippe sur Citadelles
  • Bertrand II, Davy, Éric, Yannick (Lego) et Magali's boy dans le peloton
  • Guillaume, Suzel et Vincent (Possom) sur les plateaux
  • Bertrand, David, Laurent, et Stéphane (3) sur Mars
  • Cyril, John, et Zaggus en armures lourdes

jeudi, novembre 10 2016

10 novembre 2016 - De la spirale ludochonesque

J’aime commencer les phrases par « de la » ou « de le ». Ce n’est pas français (*), mais les joueurs et internautes reconnaissent tout de suite la structure grammaticale d’un site au logo violet qui fait pouic. Du coup, hop, on accorde du crédit à la lecture, on se sent comme à la maison, bref encore un truc pour vous attirer dans mes sombres filets.
Posons tout d’abord, les bases de notre hypothèse. J’aime bien les hypothèses. Avec elles, on peut dire tout et son contraire (réf. France Info, Philippe Vandel) , le tout en passant pour quelqu’un d’intelligent.

Bon revenons aux bases.
Pour les plus littéraires, la base de notre hypothèse reposera sur les travaux de Bourdieu, les seuls que je trouvais intéressants en fac de sport. Certains lecteurs perspicaces, pourraient se demander si faire une fac de sport quand on apprécie la sociologie et la psychologie ne révèle pas de la bêtise ou du masochisme, mais passons... La base de notre hypothèse, même si elle tarde à venir, n’est pas ici.

Fortunes de mer Fortunes de mer - les pirates sont parfois en retard d'une semaine...

Pour les moins littéraires, je vous renvoie sur Facebook, et que ceux qui voient une corrélation entre le temps passé sur cette plate-forme et l’éloignement de la compétence « littéraire » se taisent, sinon je ne vais jamais m’en sortir avec cette hypothèse.
Pour faire, court, car vous semblez être particulièrement agaçants ce matin, pour les intellos, c’est , pour les autres c’est ...

Voilà donc les bases de notre hypothèse posée : "Nous avons naturellement tendance à reproduire les schémas existants."
Pour tester notre hypothèse, nous allons la soumettre au spectre ludochonesque.
Prenons un jeudi soir, classique, une table test 4 joueurs, tout aussi classique, impatients de jouer à un titre (que nous nommerons X pour faire encore plus scientifique) dont ils ne connaissent rien, si ce n’est l’illustration de couverture.
Passe alors près de la table un ludochon, s’exclamant, « Oh, vous allez jouer à X, vous allez voir c’est génial ! »

Personnellement, j’hésiterais à répondre un « occupe toi de tes fesses » qui ne serait vraiment pas dans l’esprit des jeudis soirs (les vulgarités ludochonesques sont une marque déposée par Suzel™), ou encore « et Spoiler Alert ! » (réf. The Big Bang Theory).
La réponse la plus fréquente est pourtant un petit hochement de tête avec un sourire forcé, le même qu’aux fins de repas, quand le tonton René débite ses vérités et qu’il vous prend pour témoin …
Vous l’aurez compris, le fait qu’un autre joueur, se positionne comme garant de la qualité du jeu X va influencer l’expérience de jeu de notre table test.

Diamants Diamant - ré-édition de ce classique - ne pas jouer avec un pickpocket...

Nous appellerons cette influence, la spirale ludochonesque.
Pourquoi spirale, car elle représente la montée infernale et sans retour d’un jeu dans les extrêmes.

Soit le jeu est porté, tel une idole de bras en bras, proposé presque tous les jeudis, même de manière inconsciente voir subconsciente, soit le jeu est dénigré, piétiné …
Car tout n’est pas simple, les jeudis soirs à Bourgoin Jallieu.
En effet bon nombre de hit, voir de Spiel, sont désavoués des tables de jeu. Plusieurs ludochons, crachent par terre dans un rictus de mépris à l’énonciation de certains jeux qui se sont pourtant vendus à des centaines de milliers d’exemplaires.

Une fois, un jeu mis sur la liste des garnements (ref Dora, le Noël de Dora), il deviendra alors difficile pour le propriétaire de ramener son jeu, voir impossible.
Et pourtant, certains ludochons, en plus d’être joueurs, ou car ils sont joueurs ont su garder leurs esprits critiques.
Ils ne se laisseront donc pas influencer, ni par leurs pairs, ni par les masses, il vont réfuter leurs statuts sociaux et se lever poing en l’air revendiquant leurs droit d’aimer « Risk » « Le Monopoly » ou même « La bonne paye»…
… Les derniers qui ont essayé ont été brulé vif, sur le parking, un jeudi soir. Leurs cendres ont été compacté pour un faire des cubes ressources dans Myrmes et leurs dents servent de meeples pour Keyflower …

Les jeux

  • L'âge de pierre ( Bernd Brunnhofer et Michael Tummelhofer chez Filosofia)
  • Codenames pictures ( Vlaada Chvátil chez CGE)
  • Colony (Ted Alspach, Toryo Hojo, N2 sur Bézier games)
  • Diamant (Bruno Faidutti et Alan R. Moon chez Iello)
  • Fortunes de mer ( Kasper Aagaar et Christian Marcussen chez Filosofia)
  • Imagine (Hiromi Oikawa chez Moonster Games et Cocktail Games)
  • Kingdomino (Bruno Cathala chez Blue Orange)
  • New York 1901 (Chenier La Salle chez Blue orange)
  • Not alone (Ghislain Masson chez G.A.G.)
  • Star Wars : Assaut sur l’Empire (J. Kemppainen , C. Konieczka & J. Ying chez Edge)

Les joueurs

  • Guillaume, Maude, Raphaël et Vincent (Possom) en colons
  • Bertrand II, Davy, Manu et Victor en mer
  • Éric, Jean-Philippe, Noémie et Suzel à la préhistoire
  • Bertrand, Frédéric, Magali, Olivier, Quentin, Sandra et Zaggus pas seuls
  • Christophe,David, Jean-Michel, Thomas dans une galaxie...
  • Alain, Michaël et Maëlys à New-York
  • Divers enfants


Bourdieu sur la banquise...
(*) Note du collectionneur de dents, (qui squatte la chronique de Bertrand). En fait, cela se discute c'est un héritage du latin, et de la préposition "De" qu'on prononcera "Dé" (et pas uniquement pour faire plus joueur) et qui signifie "à propos" et qui servait à introduire de nombreux essais dont le célèbre "De rerum natura" (sur ce livre allez lire Quattrocento de Greenblatt). Donc c'est du latin injecté en français, notamment dans la période classique.