Hier soir, soirée assez classique chez les ludochons, où nous avons vu refleurir sur nos tables quelques vieilles boites dans lesquelles on fait encore de belles confitures et des jeux somme toute assez classiques....
Néanmoins dans les discussions et en observant les divers blogs ludiques il faut bien constater l'apogée du kick starter dans notre univers. Par certains cotés et c'est ce qu'on nous avait vanté, le financement participatif a permis l'édition de jeux un peu rares et ne soyons pas complètement innocents à certains éditeurs de se financer et de financer leurs jeux à peu de frais.

Imperial Imperial - le JdS c'est un loisir qui se joue à plusieurs et à la fin c'est Raphaël qui gagne.

Un monde parfait ? À voir. Le défaut est que finalement, aujourd'hui vous pouvez croiser deux groupes de joueurs et si vous leur demandez de raconter leurs années ludiques, vous découvrirez parfois qu'elles ne se ressemblent en rien... Il fut un temps où le nombre de jeux et de joueurs vous obligeaient à essayer diverses sortes de jeux et à vous confronter à différents types de joueurs dans l'année, aujourd'hui vous pouvez ne jouer qu'à des jeux confidentiels et avec des groupes immuables... On en arrive presque à avoir des chapelles, qui peuvent comme de bons religieux intégristes affirmer haut et fort leur pureté et se rendre sourds à tout type de jeu ou d'argument contradictoire.
Bref, il devient aujourd'hui compliqué d'avoir une vue générale du jeu, et de prendre du recul, sauf à consommer à outrance ce qui est finalement peut-être aussi critiquable.

Le modèle a montré cependant son efficacité financière, mais aussi artistique, dans le domaine de la création "télévisuelle", on a maintenant des systèmes vous permettant d'accéder à des catalogues énormes et à des contenus exclusifs (et de qualité). Formidable? Certes, si ce n'est que les catalogues ne sont jamais complets et qu'il faut alors soit jongler avec les abonnements (agilité illusoire), soit dépenser des sommes faramineuses pour n'utiliser qu'une partie du contenu. Si vous refusez de vous plier à ce système, certains des contenus sont définitivement inaccessibles. Si vous avez grandi à l'ombre des bibliothèques municipales (l'ancien nom des médiathèques avant que la peur des livres ne nous saisisse) ou de l'association "Culture et Bibliothèque pour Tous" (qu'ils soient remerciés ici), le concept vous parait finalement assez dérangeant. Comme si vous deviez vous intéresser au cinéma allemand en ne voyant que Murnau ou Fritz Lang parce qu'ils sont dans des "catalogues" différents... Et si on revient au monde du jeu, faudra-t-il un jour choisir entre Feld ou Knizia?

Argent Argent - on en a effectivement pour son argent en terme d'espace occupé !

Par ailleurs, le financement participatif, on l'a dit, a permis d'éditer des jeux (et des films) qui par ailleurs n'auraient peut-être pas eu leurs chances, parfois parce qu'ils en se conforment pas au consensus, ou nous heurtent un peu dans nos convictions. Mais est-ce que finalement, nous n'allons pas restreindre les bons jeux ou les plus corrosifs à un public exclusif en privant tous les autres de ceux-ci? Et pire pour certains, est ce que finalement, plutôt que des bons jeux nous n'aurons plus accès qu'aux jeux qui nous ressemblent...
Le jeu de société se pratique-t-il encore en société s'il est joué dans une tour d'ivoire par un cercle d'élus évitant tout hérésie. Jouerons-nous encore ensemble ? CQFD

Bon à ce stade, vous devez commencer à vous dire : il est verbeux et chiant le rédacteur ce matin! Et vous aurez raison. C'est pour cela que nous vous proposons :

  • Pour un 50 centimes, la "vraie" chronique du jour incluant un hommage à Dick Rivers de la naissance de son pseudo ridicule, à un évocation plus sensible rappelant ses nombreuses collaborations de qualité et surtout chose rare une autodérision qui n'excluait pas ses convictions (attention, un langage cru peut heurter certains lecteurs).
  • Pour 1 € la chronique du jour mais cette fois avec un hommage ému à Jean-Pierre Marielle, avec une grande partie sur le culte "Les grands ducs", une évocation de tous les grands disparus (Rochefort, Kremer, Girardot, Noiret...) et des mentions de "Tous les matins du monde" et de l'admirable "La Controverse de Valladolid"... (attention, un langage direct pourra heurter les lecteurs des cahiers du cinéma et les fans de Vin Diesel)
  • Pour 2 € le super-bundle avec les deux chroniques précédentes, ré-écritent en incluant des citations présidentielles sur l'art d'être joueur... (attention, un langage cynique pourrait heurter les gilets jaunes, les marcheurs, les insoumis, les républicains, les verts, etc...).

Ouaip c'est moche, mais, au final, ça coûte cher, les tours d'ivoire...

Gingerbread house Gingerbread house - Pas d'ivoire ? Passons au pain d'épices ! C'est plus convivial !

Les jeux

  • 51st State (Ignacy Trzewiczek chez Portla publishing)
  • Argent The consortium (Trey Chambers chez Level 99 Games)
  • Colony (Ted Alspach, Toryo Hojo, N2 sur Bézier games) x2
  • Gingerbread house (Phil Walker-Harding chez Funforge )
  • Imperial (Walther Mac Gerdts chez Eggertspiele)
  • London (Martin Wallace chez Tree frog)
  • The Palace of Mad King Ludwig (Ted Alspach chez Bezier Games)

Les joueurs

  • Bertrand, Cyril (Atom), Joëlle, et John
  • Bertrand II, Frédéric, Guillaume, et Raphaël
  • Lisa, Magali, Noémie et Philippe
  • Antonio, Cyril, David, et Renars
  • Éric, Jean-Jacques, Michaël, Romain et une visiteuse
  • AlainCM, Davy, Olivier et Suzel


51st state 51st state - Note à Fox News.... C'est un jeu!